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Catégorie : Travail
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Le Smic a été fixé à 9,88 euros brut l’heure au 1er janvier 2018 et à 10,03 euros en 2019. A +1,5%, l'augmentation 2019 se limite au minimum légal, comme en 2018 et concerne directement près de 2 millions de personnes. Le Smic net bénéficie à plein des baisses de charges sociales salariales en vigueur depuis 2018.

augmentation smic 2018

Macron et Philippe contre un coup de pouce du Smic en 2019

Pour la septième année consécutive, les salariés payés au Smic n’ont eu droit à aucun coup de pouce au 1er janvier 2019. Emmanuel Macron l'a indirectement confirmé dans son discours à la nation le 10 décembre 2018 à 20 heures. La hausse de rémunération de 100 euros pour un Smicard annoncée par le président de la République est principalement due à l’accélération de la revalorisation de la prime d’activité.

Finalement, la hausse du Smic atteint 1,5%, en raison du ralentissement de la hausse des prix à la consommation (inflation mesurée par l'Insee), comme l'a fait savoir Muriel Pénicaud, ministre du Travail dans plusieurs interventions dans les médias. Ce niveau d'augmentation a été acté au cours du Conseil de ministres du 19 décembre 2018. Dans un premier temps,  le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé, le 5 décembre 2018 à l'Assemblée nationale, une revalorisation de 1,8% du Smic,

Compte tenu des paramètres de calcul du salaire minimum et sur la base de l'annonce du Premier ministre, le taux horaire brut du Smic s'établit à 10,03 euros contre 9,88 euros au 1er janvier 2018, et 9,76 euros en 2017.

La décision de ne pas augmenter le Smic au-delà de la formule de calcul a été annoncée le mercredi 28 novembre 2018 par le Premier ministre Edouard Philippe sur RMC et BFM TV. « Notre politique n’est pas de faire des coups de pouce au Smic, notre politique c’est de faire en sorte que le travail paye. [...] Il y aura une revalorisation, la revalorisation légale [...] Il n’y aura pas un coup de pouce supplémentaire », a-t-il déclaré au micro de Jean-Jacques Bourdin, restant sourd aux demandes de certains gilets jaunes et d'opposants politiques.

Le niveau précis de la hausse a été validé par un décret du 19 décembre 2019 paru le lendemain au Journal Officiel de la République française (JORF).

Augmentation du Smic limitée au minimum légal depuis 2013

Cette revalorisation est donc synonyme d’absence de coup de pouce. Le gouvernement s’en est tenu au minimum légal : un relèvement mécanique lié à l’application stricte d’une formule de calcul tenant compte de la hausse des prix à la consommation et de l’évolution du pouvoir d’achat des ouvriers et employés sur un an. En 2018, l’exécutif avait déjà fait de même, en suivant la recommandation du groupe d’experts indépendants sur le Smic afin de ne pas enrayer la dynamique de création d’emplois, l'objectif étant d'éviter d’augmenter le coût de la main d’œuvre pour les employeurs.

Lors du quinquennat de François Hollande, prédécesseur d'Emmanuel Macron, le Smic n’a connu qu’un coup de pouce, avec une hausse de 2% au 1er juillet 2012, juste après son élection à l’Élysée. Ensuite, le salaire minimum légal n’a bénéficié que de revalorisations mécaniques au 1er janvier de chaque année : +0,3% en 2013, +1,1% en 2014, +0,8% en 2015, +0,6% en 2016 et +0,9% en 2017. Au total, le Smic a augmenté de 5,86% sous la présidence de François Hollande.

Smic net 2019 en hausse au 1er janvier

Du fait de l'augmentation au 1er janvier 2019 annoncée par le gouvernement, le Smic mensuel brut 2019 atteint 1.521,22 euros pour une personne seule, soit près de 23 euros de hausse par rapport à 2018.

En 2018, le Smic mensuel brut atteignait 1.498,47 euros, soit 18,2 euros bruts de plus par mois par rapport au Smic brut 2017 (qui avait lui-même augmenté de 13,7 euros par mois par rapport à 2016).

En raison de la hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) et de la baisse des cotisations sociales salariales, l’augmentation du Smic net 2018 avait atteint 21 euros au 1er janvier 2018, le Smic net atteignant 1.174 euros selon les calculs de Toutsurmesfinances.com contre 1.153 euros en 2017. Cela représentait une revalorisation de 1,8%.

Une seconde augmentation du Smic net (à Smic brut inchangé) est intervenue au 1er octobre 2018, à 1.188 euros, grâce à la suppression totale des cotisations chômage à cette date. Au total, le Smic net aura augmenté de près de 35 euros par mois sur l'année, soit une hausse de 3% par rapport au 31 décembre 2017. Cet allègement de charges va jouer sur l'ensemble de l'année en 2019 mais est partiellement atténué par la hausse des cotisations liée à la réforme des retraites complémentaires Agirc-Arrco. En 2019, le Smic net atteint environ 1204 euros par mois (1.203,60 euros précisément) et 7,94 euros par heure, selon nos calculs, sans tenir compte du complément financé par l'Etat via la prime d'activité annoncé par Emmanuel Macron le 10 décembre depuis l’Élysée.

Hausse du Smic de 100 euros annoncée par Macron, en brut ou en net ?

Au total, une hausse de 100 euros de la rémunération nette au Smic a été évoquée par le chef de l'Etat, incuant la prime d'activité revalorisée.

En fait, cette augmentation ne concerne pas uniquement le montant du Smic : elle correspond en fait, pour les personnes payées au Smic, à l’effet cumulé de la hausse du salaire minimum et de l’accélération de la hausse de la prime d’activité en une seule fois dès février 2019 au titre du mois de janvier, alors qu’elle aurait dû intervenir par étapes en fin d’année 2019, 2020 et 2021. Sachant que s’ils vivent en couple, tous les Smicards n’ont pas forcément droit à la prime d’activité, qui est soumise à conditions de ressources. D'où l'élargissement de ses conditions d'attribution décidé par le gouvernement.

Cette augmentation de 100 euros représente donc une hausse de pouvoir d’achat en net, non imposable et non soumise aux cotisations sociales (mais en contrepartie, elle ne génère pas de droits au chômage ni à la retraite).

Au 1er janvier 2018, 1,98 million de salariés (hors jeunes en apprentissage, en stage et intérimaires) étaient payés au Smic, dont une majorité de femmes et près d’un quart des employés à temps partiel.