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SEO & traffic strategist : Camille Radicchi
Catégorie : Budget
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Après avoir augmenté en moyenne de 2% au 1er février 2018, les tarifs des péages ont enregistré une hausse moyenne de 1,86% au 1er février 2019. Comment est calculée cette hausse ? Qui prend cette décision ? Focus sur le mode de fonctionnement des grilles tarifaires des autoroutes.

 

Une augmentation moyenne des prix des péages de 1,86% en 2019

La hausse des prix des péages 2019 par société d'autoroute

Les tarifs des péages 2019 en fonction des catégories de véhicules

Comment est déterminé le prix des péages ?

- À quoi sert l'argent des péages ?

- Gilets jaunes : les péages d’autoroute vraiment gratuits ?

 

Une augmentation moyenne du prix des péages de 1,86% en 2019

C'est traditionnellement à la fin du mois de janvier que sont définitivement arrêtés les tarifs des péages autoroutiers pour l'année. Comme prévu, les prix augmentent de 1,86% en moyenne au 1er février 2019. Les hausses sont plus ou moins fortes selon les contrats de concession qui lient les sociétés d'autoroute et l'État.

Confronté à la crise des gilets jaunes, le gouvernement a demandé des efforts pour 2019 aux sociétés d'autoroute, à l'instar de Vinci Autoroutes, de la Sanef (groupe Abertis) et des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (Eiffage). La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a prié les concessionnaires de prendre "en compte les préoccupations des Français sur le pouvoir d'achat".

Dans ce contexte particulier, elle a réclamé, lors d'une réunion début janvier avec les sociétés d'autoroute, un geste "sans contrepartie de la part de l’État ou des usagers du réseau", tout en rejetant l'idée d'un "gel de court terme qui s’avérerait défavorable aux usagers sur le moyen terme".

Au terme d'une nouvelle rencontre avec la ministre, le 17 janvier, les concessionnaires se sont engagés à mettre en place des tarifs préférentiels pour leurs usagers réguliers. Ceux-ci bénéficient de 30% de réduction à partir de dix allers-retours par mois. Une mesure qui, selon le ministère, devrait concerner environ un million de personnes.

Ces nouveaux abonnements, entrés en vigueur le 1er février 2019, sont valables sur l'ensemble du réseau autoroutier payant. Le ministère indique que « cette mesure a été construite afin de répondre tout particulièrement aux besoins des automobilistes empruntant le réseau autoroutier pour leurs trajets domicile-travail, et ce y compris pour les personnes travaillant à mi-temps ».

ATTENTION : ce n'est qu'à partir du onzième trajet que l'automobiliste sera remboursé des dix premier aller-retours et que s'appliquera la réduction de 30%.

Ces abonnements sont réservés aux conducteurs de voitures particulières et de deux-roues (les camions et les véhicules de fonction n'entrent pas dans ce dispositif). Ils sont accessibles, sans limite de durée, à tous les particuliers utilisateurs fréquents effectuant un itinéraire entre deux points déterminés sur l'ensemble du réseau autoroutier payant, et ce sans limitation de distance.

Pour profiter de cette offre, les automobilistes doivent donc soucrire à un abonnement péage particulier. S'ils profitent déjà d'un abonnement télépéage, ils doivent le résilier pour profiter de la nouvelle offre. Avant la remise d'un nouveau badge actif, les automobilistes doivent au préalable remplir un formulaire, disponible en ligne sur les sites Internet des sociétés d'autoroute, sur lequel ils feront mention de leur trajet habituel sur autoroute qui leur permettra de profiter de la réduction de 30%. Ce document peut également être retourné par courrier. Le nouveau badge sera envoyé dans les jours qui suivent.

Le prix de l'abonnement ne peut pas dépasser 2,50 euros par mois. C'est le prix proposé par Vinci Autoroutes pour un abonnement à son offre Ulysse 30.

Pour illustrer la nouvelle ristourne, Vinci Autoroutes prend l'exemple d'un automobiliste effectuant dix allers-retours par mois entre Muret et Toulouse-Ouest, sur l’A64 en Haute-Garonne. En 2018, il a dû payer 36 euros par mois de péages. Dès le 1er février 2019, l'abonnement Ulys 30 lui fait débourser 25,20 euros par mois. Ce qui représente une économie mensuelle de 10,80 euros, et une économie annuelle de 129,60 euros.

La hausse du prix des péages en 2019 par société d'autoroute

En 2019, la hausse moyenne des tarifs de péage a été de 1,86%. Ces hausse figuraient dans plusieurs arrêtés publiés au Journal officiel du 31 janvier 2019. D’après des chiffres communiqués par le concessionnaire d’autoroute Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France), cette augmentation se structurait ainsi :
- 70% de l’inflation de référence (+1,9428% en 2018, bien supérieure à celle de 2017, qui était de 1,03%)
- répercussion du gel tarifaire de 2015 imposé par l'État
- compensation des investissements supplémentaires, hors-contrats de concession, dans le cadre du Plan d’Investissement Autoroutier
Les hausses varient d’un concessionnaire à l’autre. 

Evolution du prix des péages en 2019
Concessionnaires  Augmentation en 2019 Augmentation en 2018
APRR + 1,81% + 2%
AREA + 2,01% + 2,4%
ASF + 1,9% + 1,3%
Cofiroute - Interurbain + 1,9% + 1,3%
Escota + 1,9% + 1,3%
Sanef + 1,7% + 1,3%
Sapn + 1,7% + 1,3%
ATMB - Autoroute  Stabilité + 1%
SFTRF - Autoroute  + 1,1% + 1%
Adelac - A 41  + 1,28% + 2,9%
Albea - A 150  + 2,2% + 3%
Alicorne - A 88  + 3,3% + 1,5%
A'lienor - A 65  + 2,3% + 3,5%
Alis - A 28  + 5,8% + 3,5%
APRR - Tunnel Maurice Lemaire  + 1,8% + 1,7%
Arcour - A 19  + 5,4% + 3 à 4%
ASF - Tunnel du Puymorens  + 1,9% + 1,3%
Atlande - A 63  + 3,9% + 2,8%
CCIH - Pont de Normandie et de Tancarville  Stabilité Stabilité
CEVM - Viaduc de Millau + 3,8% (été) et 2,4% (hors été)  + 3% (été) et 3,8% (hors été)
Cofiroute - Duplex A 86 + 1,9% + 3,2%
Source : Arrêtés publiés au Journal officiel du 31 janvier 2019, sociétés autoroutières.

 

Exemples de trajets :
- Pour un parcours en autoroute en véhicule léger entre Alençon et Rouen sur l’A28, vous déboursiez 23,30 euros en 2018. Depuis le 1er février 2019, ce prix est passé à 25 euros après l’augmentation prévue de 5,85%.
- Pour un trajet entre Langon et Pau sur l’A65, il faut désormais régler 23,90 euros, contre 23,40 euros en 2018.

Les tarifs des péages 2019 en fonction des catégories de véhicules

En 2019, les tarifs des péages augmentent en moyenne de 1,86%. Cette hausse est censée compenser les surcoûts supportés par les sociétés d’autoroutes. Elle se répartit de la manière suivante : +1,36% par rapport à l’inflation, + 0,225% par rapport aux investissements complémentaires demandés par l’État et +0,11% au titre de la répercussion du gel tarif de 2015 imposé par l'État et reportée à 2019-2023. Elle est appliquée à l’ensemble des véhicules autorisés à circuler sur autoroute. Ces derniers relèvent de cinq classes différentes :
-Classe 1 : véhicule ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres, d’un poids total autorisé en charge (PTAC) inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes.
- Classe 2 : véhicule ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres, d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes.
- Classe 3 : véhicule à deux essieux ayant soit une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres, soit un PTAC supérieur à 3,5 tonnes.
- Classe 4 : véhicule à plus de deux essieux ayant une hauteur supérieure ou égale à 3 mètres ou un PTAC supérieur à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres. Ensemble roulant avec un véhicule tracteur d’un PTAC supérieur à 3,5 tonnes.
- Classe 5 : Moto, side-car, trike (engin motorisé à trois roues), quad

En fonction de la catégorie de véhicule, les tarifs des péages varient. Ainsi, pour un trajet entre Paris et Lyon en partant de la gare de péage Fleury-en-Bière et en sortant à Villefranche-Lima, en 2019, il faut débourser :
- 34,80 euros pour un véhicule de classe 1
- 54,40 euros, pour un véhicule de classe 2
- 84,80 euros, pour un véhicule de classe 3
- 116,50 euros, pour un véhicule de classe 4
- 20,70 euros, pour un véhicule de classe 5

Pour savoir combien vous coûtera votre trajet par autoroute vous pouvez utiliser plusieurs simulateurs disponibles en ligne comme notamment sur autoroutes.fr, sur les sites des concessionnaires d’autoroute comme APRR ou ATMB

 À savoir : le site autoroute-eco.fr propose de limiter le coût à régler aux péages en fractionnant vos trajets. Vous indiquez votre gare de péage d'entrée et celle de sortie et le site vous fournit l'intinéraire le moins onéreux.

Comment est déterminé le prix des péages ?

L’augmentation des tarifs des péages est encadrée. Plusieurs phases doivent être respectées avant que cette hausse ne soit effective.

Les propositions tarifaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes

Pour comprendre comment sont fixés les tarifs, un petit rappel sur le fonctionnement même des autoroutes peut être nécessaire. Les autoroutes appartiennent à l’Etat qui confie, pour une durée déterminée, le financement, la construction, l’entretien et l’exploitation à des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA). En contrepartie de l’ensemble de ces missions, elles perçoivent un péage. Au total, 19 sociétés se partagent le réseau des autoroutes.


Il y a celles appelées « les historiques » car elles se sont occupées des premières autoroutes construites. Elles sont au nombre de 10 : APRR (Autoroute Paris Rhin Rhône), Area (Association pour la réalisation et l’exploitation d’autoroutes), Vinci Autoroutes qui regroupe quatre sociétés concessionnaires (ASF pour autoroutes du sud de la France, Escota pour autoroutes Esterel, Côte d’Azur, Provence et Alpes, Cofiroute et Arcour), Sanef (Sociétés des autoroutes du nord et de l’est de la France), Sapn (Sociétés des autoroutes Paris-Normandie), ATMB (autoroute et tunnel du Mont Blanc) et SFTRF (société française du tunnel routier du Fréjus).


En parallèle de ce réseau qualifié d’historique, de nouvelles concessions ont été octroyées depuis 2001 à des sociétés privées suite à des appels d’offres. Certaines gèrent ainsi les tronçons construits récemment : Adelac pour l’autoroute A41 reliant Grenoble à Genève, Albea pour l’A150 entre Rouen et Yvetot, Alicorne pour l’A88 entre Caen et Falaise, A’Lienor pour l’A65 entre Langon et Pau, Alis pour l’A28 d’Abbeville à Tours, Arcour pour l’A19 reliant Sens à Artenay, Atlande pour l’A63 reliant l’agglomération bordelaise à la frontière espagnole, CCIH pour les ponts de Normandie et Tancarville, CEVM pour le Viaduc de Millau et Arcos, société concessionnaire du contournement ouest de Strasbourg.

La présentation au comité des usagers de la route

Ces tarifs sont ensuite présentés au comité des usagers de la route, instance qui regroupe des représentants de l’administration, des associations d’usagers, des élus et des personnes qualifiées. Sa composition est établie par un décret publié au Journal officiel du 15 novembre 2013. Il se réunit en moyenne 5 fois par an. Lors de sa dernière rencontre datant du 23 novembre 2017, les hausses proposées par les concessionnaires ont été présentées. Sur ces questions, le comité des usagers a la possibilité d’émettre un avis qu’il transmet au ministère des Transports. Attention, ce n’est pas lui qui prend la décision d’appliquer ou non ces nouveaux tarifs. Il s’agit seulement d’une instance consultative.

La validation du ministère des Transports

Les tarifs proposés par les différents concessionnaires doivent ensuite être validés par le ministère des Transports. Il vérifie que ces hausses sont bien réalisées en fonction de l’inflation, des investissements et des taxes spécifiques aux autoroutes. Un décret est ensuite publié au Journal officiel pour validerr ces nouveaux prix.

 À quoi sert l’argent des péages ?

Les autoroutes sont gérées et entretenues par des concessionnaires. Pour expliquer comment est utilisé l’argent des péages, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes et d’ouvrages à péage (Asfa) prend pour exemple une facture de 10 euros en 2017 :
- 3 euros servent à la construction et à la modernisation du réseau
- 3,90 euros pour les impôts et taxes qui sont directement reversées à l’État.
- 1,30 euro pour l’exploitation et le service
- 1,70 euro de bénéfices pour le concessionnaire qui utilise cette somme pour rembourser les emprunts liés à la construction, continuer à développer des services innovants et rémunérer ses actionnaires.

Gilets jaunes : les péages d’autoroute vraiment gratuits ?

Depuis le début de leur mobilisation, le 17 novembre, les gilets jaunes ont mené en plusieurs points du territoire des opérations « péage gratuit » sur les autoroutes. Certains manifestants ont laissé les barrières de péage relevées pour laisser passer les automobilistes sans que ceux-ci aient à piocher dans leur porte-monnaie pour régler le montant de leur trajet. Parfois, les barrières ont été purement incendiées ou dégradées.

La société autoroutière Vinci a, dans un premier temps, laissé entendre qu’elle allait réclamer, a posteriori, la facture aux automobilistes qui ont bénéficié de ces opérations « péage gratuit », notamment en utilisant les caméras de vidéosurveillance pour récupérer les plaques d’immatriculation. Avant finalement de se raviser. La société APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), qui gère les autoroutes dans le centre et l’est de la France, a, elle aussi, renoncé à réclamer les péages non perçus lors de cet épisode.

Reste qu’en théorie, chaque usager qui emprunte l’autoroute est en infraction à partir du moment où il ne s’acquitte par de la somme due au péage. Mais la situation générée par le mouvement des Gilets jaunes est exceptionnelle.

Pour Maître Rémy Josseaume, avocat en droit routier, joint par Toutsurmesfinances.com, la décision des sociétés d’autoroute de renoncer à poursuivre les automobilistes qui n’ont pas pu payer leur ticket en sortie d’autoroute ou qui n’ont pas pu en prendre un à l’entrée, est « morale et philosophique ». À ses yeux, l’utilisation des fichiers d’immatriculation par ces sociétés est « très contestable ».

D’abord parce que « les automobilistes en question ne sont pas tous des fraudeurs, mais des usagers qui ont simplement été empêchés d’utiliser les services de péage dans des conditions normales ». Quand bien même la société d’autoroute poursuivrait l’automobiliste en justice, « celui-ci pourrait arguer qu’elle l’a laissé entrer sur l’autoroute en toute connaissance de cause alors qu’elle était informée d’une situation qui ne garantissait pas un usage normal de ses services de péage », ajoute le juriste.

Quid des automobilistes équipés d’un badge de Télépéage ? Plusieurs cas de figure se présentent, tous indiqués aux abonnés dans les conditions générales de vente du contrat souscrit auprès de l’un des concessionnaires autoroutiers. Pour les non abonnés, les informations figurent au dos du ticket délivré lors de l’entrée sur l’autoroute.

Première éventualité : si le boîtier a bipé à l’entrée mais pas à la sortie de l’autoroute, il n’y aura pas de facturation. Deuxième possibilité : un bip en sortie sans bip en entrée. Dans ce cas, la procédure habituelle est la facturation d'un forfait qui correspond au tronçon le plus long du trajet (l’ordinateur n’ayant pas connaissance du lieu d'entrée sur l'autoroute). L’automobiliste est cependant invité à vérifier sa facture Télépéage.

Enfin, si le boîtier a normalement bipé à l’entrée et à la sortie de l’autoroute, l’automobiliste est facturé, même lors d’une opération « péage gratuit ».