Assurance : un an après, l’e-constat peine à séduire les automobilistes

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Un an après son lancement, l'application e-constat auto qui permet de remplir et d'envoyer un constat amiable électronique à son assureur peine à séduire les automobilistes. Seuls 10.000 e-constats ont été transmis en un an contre 5 millions en version papier. La faute à des défauts techniques.

L'e-constat auto a un an et il ne séduit pas encore la majorité des automobilistes

 

 

L'e-constat auto souffle sa première bougie. C'est l'heure du bilan pour cette application développée par les assureurs et mise en circulation un an auparavant, le 1er décembre 2014. L'e-constat auto a été téléchargé 300.000 fois pour 10.000 constats électroniques transmis aux compagnies d'assurance en un an, selon un communiqué diffusé le 1er décembre 2015 par l'Association française de l'assurance (AFA).

Encore loin des constats papiers

Pourtant, lors d'une cérémonie de remise de trophées en avril dernier où l'e-constat a d'ailleurs été primé, plus de 170.000 téléchargements avaient été comptabilisés en seulement 4 mois et plus de 3.700 constats électroniques avaient été émis par les automobilistes. A titre de comparaison, l'association 40 millions d'automobilistes recense près de 5 millions de constats amiables papiers remplis chaque année. Il semblerait ainsi qu'après cette éclosion printanière, les conducteurs aient délaissé l'innovation.

Pour rappel, l'application e-constat mise au point par l'AFA qui regroupe la quasi-totalité des assureurs permet d'effectuer un constat à l'amiable sur le même principe que le formulaire papier (dommages corporels exclus). Les automobilistes impliqués y renseignent leurs coordonnées, les données concernant l'accident, etc. A la différence près que la version numérique permet de géolocaliser précisément le lieu de l'accident, de dessiner un schéma ou encore de prendre des photos du sinistre avant de signer l'e-constat à l'aide de son doigt.

>>Pour en savoir plus sur l'application

 

L'application a pour premier objectif de simplifier la vie des automobilistes et d'accélérer les démarches administratives et donc d'indemnisation. Mais force est de constater que même après les ajustements réalisés par l'AFA, la majorité des utilisateurs voient (encore) rouge.

De nouvelles fonctionnalités...

En effet, dans son communiqué, l'AFA fait état de « nouvelles fonctionnalités » ajoutées à l'application intégrant les « remarques » des usagers. Il est désormais possible de sauvegarder 3 véhicules dans les informations personnelles, contre un seul jusqu'ici, les immatriculations monégasques et de certains types de 2 roues sont acceptées et la détection de la signature du constat a été revue. La première amélioration figurait parmi les défauts de l'application les plus critiqués par les automobilistes dès sa sortie.

...mais encore trop de problèmes techniques

Pour prendre en compte ces corrections, l'e-constat a été mis à jour sur les deux plateformes où il est téléchargeable, Google Play et App Store. Problème, il suffit de faire un tour sur la page de l'application pour y trouver pléthore de commentaires négatifs. Les utilisateurs y pointent « l'impossibilité de se connecter au serveur » alors même que ces derniers affirment tous être connectés à un réseau mobile, « l'arrêt de l'application dès l'ouverture » ou encore « l'absence de [leur] compagnie d'assurance » dans la liste de l'e-constat. Beaucoup ont ainsi avoué l'avoir désinstallée de leur mobile faute de pouvoir s'en servir correctement. Quelques avis positifs saluent tout de même les efforts des assureurs et leur mise à jour... « qui ne marche malheureusement pas ».

Ces avis ne semblent toutefois ne pas perturber le président de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) Bernard Spitz et celui de l'AFA, Pascal Demurger. « L'e-constat auto [...] avait un objectif : simplifier la vie des assurés. Fruit d'un long travail collectif, cette application a réussi ce pari. Un an après sa création, elle rencontre un succès grandissant auprès des assurés. » Ces derniers indiquent également que plusieurs fédérations étrangères d'assureurs ont également montré leur intérêt pour l'application e-constat auto. Globalement, les professionnels n'ont pas tort : l'application séduit... encore faut-il qu'elle soit réellement opérationnelle.

 

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