Hausse des primes d’assurance : davantage la faute au climat qu’aux cambriolages


En 2014, plus de 635 cambriolages par jour ont été recensés par le ministère de l'Intérieur, les cambrioleurs affectionnant davantage les communes situées en banlieue de grandes agglomérations que ces dernières. Le nombre de cambriolages ne devrait pas faire augmenter les primes d'assurance.      

Le facteur climat est davantage pris en compte que les cambriolages pour justifier une hausse des primes d'assurance ces dernières années.

Vous habitez en Ile-de-France, dans le Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées, en PACA ou dans la vallée du Rhône ? Attention : ces régions concentrent les plus forts taux de cambriolages, selon les données dévoilées par le ministère de l’Intérieur le 6 octobre 2015. A l’inverse, vous êtes mieux loti si vous résidez en Corse, en Bretagne ou dans les Pays de la Loire.

En 2014, 232.500 cambriolages ont été recensés dans toute la France, soit plus de 635 par jour. En moyenne, plus de 5 logements sur 1.000 ont subi une effraction l’an passé. Les régions ne sont toutefois pas impactées de la même manière : les vols se sont ainsi concentrés sur 21.500 communes, 15.000 ayant été épargnées. Les grandes villes n’attirent pas autant que l’on pourrait le penser les malfaiteurs. Paris a connu 7 cambriolages pour 1.000 logements, soit près de deux fois moins que la région parisienne (12,7). Il en va de même pour Marseille (12) et Lyon (8) dont les chiffres sont en-deçà de la moyenne de leur département (14,6 et 10,7).

Où se trouvent alors les sites de prédilection des voleurs ? Le ministère de l’Intérieur précise que « c’est dans les communes de banlieue des grandes agglomérations que le nombre de cambriolages pour 1.000 logements est le plus élevé ». Sans surprise, les vols sont également plus fréquents dans les communes où les revenus sont « très élevés » (+25%) et dans lesquelles les maisons prédominent par rapport aux appartements.

La répartition des cambriolages sur le territoire français est très inégale

 

Le facteur climat pèse davantage sur les tarifs que les cambriolages

Ce ciblage n’est pas sans conséquence. En effet, si votre commune est particulièrement touchée par les cambriolages, cela peut constituer un argument pour l’assureur afin de justifier une hausse de tarif. Mais pas de panique, bien que ces chiffres semblent élevés, ils demeurent néanmoins en baisse de 6% d’une année sur l’autre.

Ce qui pourrait davantage peser dans la balance, c’est l’augmentation constante des fortes intempéries ces dernières années, à l’image des inondations qui ont sévi dans le sud-est de la France début octobre. En 2015, les primes avaient ainsi été relevées de 4,2% en moyenne sur les contrats multirisques habitation (MRH). Selon le fondateur du cabinet de conseil Facts & Figures Cyrille Chartier-Kastler, le « risque habitation est fortement lié au climat » et les hausses de tarifs pourront être plus importantes pour « les logements situés en zones inondables ou au rez-de-chaussée ». L’expert estime que si vous cumulez tous les facteurs de risques, la facture de votre contrat pourrait grimper jusqu’à 5% voire au-delà. Rassurez-vous, ces cas restent particuliers.

L’atout « Loi Hamon »

Globalement, les professionnels du secteur ne prévoient pas de séisme en 2016 : le comparateur Assurland.com prédit une hausse modérée comprise entre 1 et 3% quand le cabinet de conseil Facts & Figures table sur une augmentation de 1 à 2%. De son côté, la Maif a d’ores et déjà annoncé que les primes des contrats MRH seraient gelées pour l’année à venir.

Par ailleurs, vous conservez un atout dans votre manche. Une des mesures de la loi Hamon entrée en vigueur au 1er janvier 2015 permet de résilier son assurance auto ou MRH à tout moment après un délai d’un an. Autrement dit, les assureurs devront lever le pied sur les hausses tarifaires sous peine de voir augmenter le nombre de ruptures de contrats.

Pour aller plus loin : Les 3 excuses favorites des assureurs pour refuser la résiliation à tout moment

 

Cambriolage : 3 attitudes à adopter en prévention

1.Vérifier que la garantie vol est incluse dans votre MRH
Cela peut paraître évident mais cette garantie n’est pas systématiquement présente d’office dans un contrat MRH. Si ce n’est pas le cas, demandez-la à votre assureur, elle couvre tous vos biens matériels, mobiliers (TV, bijoux…), immobiliers (fenêtre, murs…) et de valeur comme les œuvres d’art.

2. Protéger toutes les issues et photographier les objets de valeur
Volets, portes, grilles : veillez à ce que tout soit correctement fermé. Il est également préférable de verrouiller votre porte, y compris si vous êtes à l’intérieur. Sachez que souvent les assureurs conditionnent les remboursements à ce genre de gestes préventifs, certains refuseront de vous indemniser si vous avez par exemple laissé une fenêtre ouverte. Enfin, en cas de vol, des photos de vos objets de valeur faciliteront le travail des forces de l’ordre et vous assureront une meilleure indemnisation.

3. S’assurer de l’identité des personnes
Ne laissez entrer personne chez vous sans vous être assuré au préalable de son identité. Soyez bien vigilant lorsque l’on vous présente une carte professionnelle, certaines peuvent être fausses. De manière générale, ne laissez jamais une personne inconnue seule dans une pièce de votre domicile.