Mutuelles : l’UFC-Que choisir accable les opticiens


Dans une enquête publiée le 20 mai 2014, l'UFC- Que Choisir dénonce le système de fraude à la mutuelle pratiqué par les opticiens sur la facturation des lunettes. L'association de consommateurs demande également l'abandon du projet de plafonnement des remboursements dans l'optique.

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L’UFC-Que choisir dévoile un système de fraude endémique chez les opticiens. Une enquête menée en novembre 2013 et rendue publique le 20 mai 2014 par l’association de consommateurs montre qu’un opticien sur cinq incite les clients à frauder sur leur complémentaire santé. L’enquête a été réalisée dans 83 départements auprès de 1.188 opticiens. Les fraudes ont été constatées en majorité chez les opticiens indépendants.

L’Union fédérale des consommateurs (UFC) a choisi d’enquêter avec des clients tests, dont la couverture ne dépasse pas 90 euros pour une monture. Certains opticiens proposent de gonfler artificiellement le prix des verres, transférant une partie du prix des montures sur celui-ci, afin que l’intégralité de la paire soit couverte. Bien que cette offre semble intéressante, les clients mutualisés sont perdants sur le long terme. La fraude coûte 142 millions d’euros par an aux mutuelles. Ce surcoût se répercute sur une hausse de la contribution des mutualisés : « Entre 2006 et 2013, les cotisations de complémentaire santé ont augmenté de 38% pour atteindre 651 euros par personne et par an en 2013 », indique l’étude de l’UFC.

Les syndicats d’opticiens jugent l’enquête peu fiable

Sans surprise, les conclusions de l’UFC Que Choisir déplaisent fortement aux professionnels de l’optique. Alain Gerbel, président de la Fédération nationale des opticiens (Fnof), attaque l’enquête avec virulence : « C’est de la désinformation, une enquête menée par des bénévoles n’est pas fiable. » De son côté, Christian Roméas, président de l’association Synope (Syndicat des opticiens entrepreneurs), tempère. « Dans tous les métiers, il y a des gens qui ne respectent pas les règles, avoue t-il. Il faut sanctionner les fraudeurs. Mais pas déduire des généralités à partir d’une enquête dans 1200 magasins ! ». L’enquête a été réalisée auprès de 10% des boutiques d’optiques françaises. « La fraude est un crime identifié, codifié. Quel article de la loi ces opticiens ont-ils enfreint ? », conclut Alain Gerbel.

Plafonnement de la couverture en vue

Parallèlement, le gouvernement prépare un décret visant à plafonner la couverture complémentaire à 100 euros pour la monture et 350 à 600 euros pour les verres en fonction de la correction. Ce projet est basé sur l’idée que les remboursements élevés sont la cause des surcoûts de l’optique. L’Etat veut plafonner ces remboursements afin d’ajuster les prix à la baisse. L’association, pointe du doigt un réseau trop dense d’opticiens. Selon elle, avec une augmentation de 47% des points de vente d’optique entre 2000 et 2012, la concurrence est trop forte. Ces derniers proposent alors de gonfler les prix des verres pour que les clients avec de petites complémentaires puissent être remboursés sur leurs montures.

Pour l’UFC-Que Choisir, ce décret « risque de ne pas suffire » à faire baisser les prix. L’association privilégie une lutte plus intense contre les manœuvres frauduleuses de certains opticiens. «La fraude représente ainsi 3,6% du total des remboursements en optique des complémentaires santé, et 0,5% de leurs remboursements globaux. Autrement dit, à niveau de cotisations inchangé, la disparition de la fraude permettrait d’augmenter en moyenne de 14 euros la prise en charge d’une paire de lunettes par les complémentaires santés, diminuant d’autant le reste à charge des usagers. », selon cette même étude.