2013, pire année pour l’immobilier depuis 1995 ?


Le marché immobilier ancien sera au creux de la vague en 2013 selon les notaires. Le nombre de transactions pourrait tomber à moins de 550.000 cette année selon des projections plus pessimistes que celles de la Fnaim qui représente les agences immobilières.

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Moins de 600.000, voire pas plus de 550.000. C’est le nombre de transactions immobilières attendues cette année par les notaires de France selon leur note de conjoncture immobilière pour le mois de janvier 2013. « On peut être certain que le volume des ventes n’atteindra pas 600.000 ; il pourrait même ne pas dépasser 550.000 », peut-on lire dans ce rapport rendu public jeudi 11 janvier. S’il se réalise, ce chiffre se révélerait non seulement largement inférieur à celui de 2012, déjà en forte baisse, mais de surcroît le pire observé depuis la dernière grande crise de l’immobilier du début des années 1990.

498.000 ventes en 1992, 805.000 en 2011

Les derniers points bas ont été relevés en août 2009 avec 564.000 ventes en glissement annuel et, sur une année complète, en 1995 avec 532.000 transactions contre 559.000 en 1994, d’après les statistiques du CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable) elles-mêmes basées sur les données de l’administration fiscale DGFiP et les bases notariales. La dernière fois que le marché n’a pas dépassé la barre symbolique des 600.000 ventes remonte à 2009 (594.000) selon les mêmes sources. Le seuil des 500.000 biens mis en vente ayant trouvé un acheteur a été systématiquement franchi depuis 1992 (498.000 unités).

De son côté, la Fnaim, premier syndicat d’agents immobiliers, anticipe un marché au mieux stable en volume par rapport à 2012 à 655.000 transactions, et un niveau plancher à 600.000, soit jusqu’à 8,5% de baisse. Déjà, le nombre de logements anciens ayant changé de propriétaires en 2012 a chuté de 18,6% selon la Fnaim. Les notaires évoquent quant à eux une fourchette de 650.000 à 700.000 ventes à comparer un chiffre de 805.000 enregistré en 2011, un record depuis 2007.

« Absence de toute aide de l’Etat »

Pourquoi le marché immobilier risque-t-il d’approcher ses niveaux les plus bas ? Les notaires avancent « trois facteurs supplémentaires » en plus de l’instabilité fiscale qui a pesé l’an passé. Les officiers publics invoquent d’abord la morosité de la conjoncture économique qui se traduit par une « croissance faible entraînant une poursuite inéluctable de la hausse du chômage ». Seconde explication, « l’attentisme des acquéreurs potentiels sur les marchés où la baisse ne se sera pas franchement enclenchée ». Un constat qui fait écho à la volonté du réseau d’agences immobilières Orpi de faire baisser les prix des logements de ses clients de 5 à 15%. Dernière observation, les notaires soulignent « l’absence de toute aide de l’Etat à l’accession dans l’ancien, à l’exclusion des zones urbaines sensibles », le prêt à taux zéro renforcé (PTZ+) n’ayant pas été rétabli dans l’ancien après avoir été supprimé au 1er janvier 2012.

La note de conjoncture des notaires français est plus mesurée sur les prévisions de prix pour cette année, sur lesquelles la profession notariale ne s’engage pas. « Le scénario d’une baisse rapide et concomitante des prix et des volumes s’est produit en 2009, mais c’est une exception. La règle veut au contraire que la baisse des prix soit non seulement décalée par rapport à celle des volumes mais aussi qu’elle s’étale sur plusieurs années », a analysé l’étude.

La Fnaim vise une baisse des prix de 0 à 2% en 2013, le réseau Century 21 un recul de 1 à 2% dans le meilleur des cas (pour les vendeurs) et Laforêt un repli qui « pourrait dépasser 5% ».