5 faits qui prouvent que la perception de l’immobilier a évolué


Avant, l'immobilier c'était acheter un logement que l'on conservait bien souvent toute sa vie. D'une génération à l'autre, la perception des Français a bien évolué : moins d'affectif, plus de partage... Les nouveaux parcours de l'immobilier en 5 points.  

La perception de l'immobilier a évolué d'une génération à l'autre.

L’immobilier, qu’est-ce que cela signifie pour les Français ? C’est précisément à cette question que tente de répondre l’étude réalisée par OpinionWay pour le réseau d’agences immobilières Guy Hoquet sur les nouveaux parcours de l’immobilier publiée le 6 avril 2016. Les réponses des sondés ont été classées par générations : les moins de 30 ans (génération Y), les quadra et quinquagénaires (génération X) et les seniors et retraités (les baby-boomers). Propriété, investissement locatif, économie du partage… comment les Français perçoivent aujourd’hui l’immobilier.

• La propriété, une notion tardive

C’est un fait, le taux de propriétaires en France stagne. 57% des sondés possèdent ce statut, « une proportion équivalente à ce que l’on observait déjà en 2012 », se souvient le directeur général de Guy Hoquet Fabrice Abraham. Mais surtout, ce nombre se situe en-deçà de la moyenne européenne (65%). Ce constat ne résulte pas d’une volonté des Français de rester locataire indéfiniment. Au contraire. « L’aspiration à devenir propriétaire est forte mais l’accès au logement est compliqué, on devient propriétaire lorsque l’on peut en France », observe Fabrice Abraham. Ainsi, il n’est pas étonnant que 79% des baby-boomers interrogés soient propriétaires, contre 59% pour la génération X et 33% pour la génération Y. En moyenne, les sondés ont concrétisé leur premier achat à l’âge de 28 ans, quand ils deviennent locataires à 20 ans en moyenne.

• Quand l’affectif rencontre la logique

Quant aux motivations invoquées, les plus jeunes mettent davantage en avant (29%) l’absence de loyer à payer une fois à la retraite que l’affectivité pour un logement leur appartenant (24%), notamment le fait de se sentir chez soi. Au contraire, leurs ainés des générations X (36%) et baby-boomers (39%) privilégient cet argument. « Les jeunes croient moins dans le fonctionnement par répartition de notre système de retraite, appuie Fabrice Abraham. L’immobilier est un moyen de se constituer une épargne pour le futur. » En revanche, les trois générations s’accordent sur le fait que la pierre est une bonne manière de transmettre un patrimoine à ses enfants.

L’argument patrimonial reste ainsi le premier motif invoqué par les sondés (60%) lors d’un investissement locatif. Dans l’optique d’acquérir un logement en dehors de la résidence principale (hors investisseurs locatifs), 44% de la génération Y évoquent la constitution d’un patrimoine, bien avant un complément de revenus (24%). « Les jeunes ont une approche patrimoniale accrue, une logique de placement que possèdent moins leurs aînés », note l’étude.

• Colocation et papa-maman à la rescousse

L’accès tardif à la propriété a deux conséquences majeures : la première consiste à répéter le schéma « Tanguy », la seconde à vivre à plusieurs. En effet, face à un pouvoir d’achat qui a tendance à diminuer et à des loyers qui tirent vers le haut, près de la moitié de la génération Y (43%) préfère rester chez papa-maman (ou chez leurs grands-parents). Y compris en ayant les moyens de s’assumer financièrement. Cette proportion diminue à 25% chez la génération X et à 13% chez les baby-boomers. Autre solution, vivre en colocation : c’est l’option choisie par 28% de la génération Y, contre seulement 6% des seniors et retraités.

• Le partage jusque dans l’achat

Dans une veine similaire, il n’est pas surprenant que l’idée d’acheter à plusieurs (hors conjoint) ou de vivre au sein d’un immeuble à services partagés séduise. La moitié de la génération X et 41% des plus jeunes seraient prêts à acheter un bien avec des amis. 26% de la génération Y se sentent même capables d’acquérir un logement avec des personnes qu’elles ne connaissent pas. La vie en immeuble partagé, qui permet « de réduire les charges et d’élever le confort » selon Fabrice Abraham, intéresse un tiers des sondés toutes générations confondues. Mais dans les faits, seule 12% des interrogés ont déjà vécu dans ce type d’immeuble.

• Fini le métro, bonjour le bureau à la maison

Enfin, supprimer la frontière entre lieu de travail et domicile plaît à toutes les générations. 69% des sondés souhaiteraient ainsi disposer d’une pièce supplémentaire dans leur logement en vue d’y créer un bureau. « Un argument qui n’est pourtant pas mis en avant sur les annonces immobilières, constate Fabrice Abraham. Il y a encore du chemin à faire ! »