Activité ralentie sur le marché de l’ancien


Le nombre de transactions sur le marché de l'ancien est en net recul au deuxième trimestre 2012 selon les statistiques de la Fnaim. En rapport aux chiffres enregistrés à la même période en 2011, l'activité se replie de 15% en moyenne. Malgré des taux attractifs et la stabilité relative des prix, la solvabilité des ménages continue de reculer. L'activité du marché pourrait retomber sous le seuil des 700.000 ventes en 2012.

marche, ancien, fnaim, transactions

Les professionnels de l’immobilier voient le marché de l’ancien ancré dans une dynamique négative. Selon les données de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), l’activité du marché recule en moyenne de 15% au deuxième trimestre 2012, par rapport à la même période en 2011. En guise d’explications à ce ralentissement du marché, la Fnaim pointe l’impact de la réforme des plus-values immobilières sur les marchés de l’investissement locatif et de la résidence secondaire ainsi que la suppression du PTZ+ dans l’ancien, qui a été rétabli sous conditions au 1er juin 2012. Le syndicat des agents immobiliers note également l’activité particulièrement ralentie au mois de mai par la succession de jours fériés de même que l’attentisme des acheteurs comme des vendeurs en périodes pré et post-électorale.

Conditions de crédit durcies

Une autre source du ralentissement du marché de l’ancien tient au durcissement des conditions d’octroi des prêts. La Banque de France note ainsi que de janvier à avril 2012, le montant de la production de nouveaux crédits immobiliers a été divisé par deux, par rapport à la même période en 2011, soit six milliards d’euros à la fin du mois d’avril contre douze milliards fin avril 2011. La chute du crédit à l’habitat est alimentée par une baisse du nombre de prêts, conséquence logique du ralentissement de l’activité, mais également par les exigences d’apport personnel revues à la hausse et à cause d’une réduction du montant moyen des opérations immobilières.

Recul de la solvabilité des ménages

Autre indicateur inquiétant pour le dynamisme du marché de l’ancien, la solvabilité des ménages continue de reculer, malgré la récente baisse des taux immobiliers et la stabilisation des prix. L’indicateur de solvabilité de la Fnaim pointe en effet un recul de l’ordre de 6,3% sur un an au deuxième trimestre 2012. Cette baisse est directement liée au durcissement des conditions d’octroi de crédits immobiliers mais aussi aux hausses successives enregistrées lors des neuf premiers mois de 2011. Selon le syndicat des agents immobiliers, seule une baisse significative des prix de l’ancien conduirait à une résurgence de la solvabilité des ménages, ce qui expliquerait le mouvement de correction des prix amorcé depuis le quatrième trimestre 2011.

Un marché sous le seuil des 700.000 transactions ?

Au final, la Fnaim reste réservée sur les perspectives du marché de l’ancien pour cette année 2012. Elle rappelle que « le nombre de transactions sera sans aucun doute tributaire des premières mesures gouvernementales initiées en faveur du logement ». En effet, si l’attentisme observé depuis le début de l’année sur le marché de l’ancien devait se poursuivre, le nombre de transactions pourrait retomber sous le seuil des 700.000 à la fin de l’année, soit une baisse de 20% de l’activité en cumul annuel. La fédération explique pour l’occasion que selon son baromètre réalisé avec l’Ifop pour le mois de juin 2012, 89% des Français « estiment que le gouvernement devrait réfléchir à des solutions pour permettre au plus grand nombre d’accéder à la propriété ». Dans ce sens, la Fnaim plaide pour une exonération « totale ou partielle et sous conditions de ressources » des droits de mutation pour les primo-accédants.

En savoir plus

>> Les prix dans l’ancien reculent au deuxième trimestre