Construction : le secteur du bâtiment craint l’asphyxie en 2013


Les adhérents de la Fédération française du bâtiment (FFB) se mobilisent jeudi 31 janvier pour dénoncer l'accumulation des charges qui pèsent sur les entrepreneurs. Ils demandent notamment une fiscalité plus clémente.

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« Trop, c’est trop ! », « Trop de charges tuent nos emplois ». Tels sont les cris d’alarme lancés par la Fédération française du bâtiment (FFB) et ses adhérents, qui se mobilisent partout en France jeudi 31 janvier pour « marquer le ras-le-bol des professionnels du secteur ». Cette manifestation fait suite à celle de la Confédération de l’Artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) organisée le vendredi 18 janvier.

Le président de la fédération, Didier Ridoret, estime dans un communiqué que les entreprises du bâtiment et de la construction sont « asphyxiées par des mesures anti immobilier et toute une série de taxes et contraintes ». Le secteur du bâtiment s’attend à un recul de l’activité de l’ordre de 3,5% en 2013, couplé à environ 40.000 pertes d’emplois. Ces perspectives sont d’autant plus inquiétantes au regard des objectifs ambitieux fixés par le gouvernement en matière de construction (500.000 logements neufs par an, dont 150.000 logements sociaux) et de rénovation (500.000 logements rénovés par an). En 2012, à peine plus de 300.000 logements neufs ont été construits et 2013 devrait s’inscrire dans une tendance similaire selon le promoteur immobilier Nexity.

Fiscalité des plus-values et TVA dans le viseur

La FFB dénonce notamment une fiscalité sur les plus-values immobilières trop défavorable et demande à ce que le délai de détention pour être exonéré de taxation soit raccourci. Actuellement, sur le bâti comme sur le foncier, il faut posséder un bien ou un terrain pendant 30 ans pour ne pas payer d’impôt sur la plus-value. La fiscalité des plus-values immobilières n’a pratiquement pas changé en 2013, suite à la censure des projets du gouvernement en la matière par le Conseil constitutionnel. Seule une surtaxe, comprise entre 2 et 6%, a été ajoutée à l’imposition des plus-values sur le bâti.

De même, la FFB réclame « l’abaissement à 5 % du taux de TVA appliqué à la construction sociale et aux travaux de rénovation en matière de développement durable ». La hausse de la TVA sur le logement social et la rénovation ne cesse de susciter des critiques, parmi les professionnels et le personnel politique. Alors que Cécile Duflot elle-même souhaite faire abaisser le taux de TVA, passé de 5,5 à 7% en 2011 et censé monter à 10% en 2014, le président de l’UDI Jean-Louis Borloo a dénoncé « une folie que d’avoir en un an et demi (…) augmenté la TVA sur le bâtiment de près de 100% » lors de l’émission « Questions d’info » (LCP/France Info/Le Monde/AFP) mercredi 30 janvier.

 

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