Crédit immobilier de France : la garantie approuvée, Michel Bouvard rejeté


Les actionnaires du Crédit immobilier de France ont approuvé le protocole déclenchant la garantie temporaire de l'Etat. En revanche, ils ont rejeté la nomination officielle de Michel Bouvard à la tête de l'établissement.

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Le Crédit immobilier de France (CIF) survit pour l’instant. Ses actionnaires, les 56 Sacicap (Société anonymes coopératives d’intérêt collectif pour l’accession à la propriété), réunis en assemblée générale ont validé jeudi 24 janvier le plan de garantie temporaire de l’Etat, à hauteur de 28 milliards d’euros, pour éviter un défaut de paiement immédiat. La garantie court jusqu’au 31 août 2013 et le vote des actionnaires permet à la France de présenter le dossier du CIF à la Commission européenne, ce qui n’avait pas été le cas jusqu’ici.

Le plan de garantie tel que voté par les actionnaires prévoit d’une part la gestion en extinction des activités jugées non viables du CIF et la vente des activités qualifiées de viables, comme la Banque Patrimoine et Immobilier (251 collaborateurs) qui est mise en examen dans le cadre du scandale immobilier Apollonia.

L’Etat souhaite notamment que le cœur de métier du CIF, l’accession sociale à la propriété, soit repris par la Banque postale, qui s’est positionnée sur le créneau. Cette solution recueille également les faveurs de la majorité socialiste au Sénat. La Banque postale s’est montrée cependant réticente à toute sorte de reprise en tant que telle du CIF et a évoqué le recrutement de 300 salariés, sur 2.500 au total, sur une période de deux ans. D’après le désormais ex-PDG du CIF Michel Bouvard, la gestion en extinction du CIF devrait quant à elle nécessiter 700 salariés.

Le vote des actionnaires intervient quelques jours après le maintien de la note du CIF par l’agence de notation Moody’s. Une nouvelle dégradation aurait coupé l’établissement de ses financements sur les marchés et provoqué une cessation de paiement.

Les actionnaires ont changé d’avis

Dans le même temps, les représentants des Sacicap ont refusé d’entériner la nomination de Michel Bouvard à la tête du CIF, à une « assez large majorité » selon des propos rapportés par le quotidien Les Echos. L’ancien député UMP de Savoie plaidait pour un maintien de la structure du CIF qui serait recentré sur l’accession sociale à la propriété et bénéficierait de l’appui d’un partenaire financier disposant de dépôts importants, comme la Banque postale. Michel Bouvard avait évoqué ce modèle comme « une sorte d’Oséo de l’accession sociale à la propriété » dans lequel le CIF joue un rôle d’amorçage pour accompagner les accédants modestes vers les banques commerciales classiques. Un vote pour désigner un successeur est prévu pour le samedi 26 janvier.

Le vote des actionnaires a de quoi surprendre malgré tout dans la mesure où ces derniers s’étaient montrés ouverts à « une évolution significative de la gouvernance du Crédit Immobilier de France, permettant l’entrée d’un actionnaire de référence dans des conditions particulièrement favorables pour celui-ci », une idée assez proche de celle soutenue par Michel Bouvard. Pourtant, d’après Les Echos, les Sacicap souhaitent que les « discussions sur l’avenir du CIF soient conduites désormais de manière différente ».

Mais l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) avait usé de toute son influence pour pousser les actionnaires à accepter le plan de garantie temporaire, en expliquant notamment dans une lettre datée du 18 janvier 2013 et révélée par le quotidien Le Monde, qu’un refus entraînerait la nomination d’office d’un « administrateur extérieur » aux pleins pouvoirs. Il semble donc que les Sacicap aient fini par se ranger à l’avis du gouvernement et du Trésor, de la même manière que le conseil d’administration de CIF Développement avait fini par approuver le plan de garantie de 7 janvier 2013, après un premier vote négatif le 4 janvier. La menace d’une liquidation immédiate, consécutive à un défaut de paiement, avait motivé le changement d’avis des membres du conseil.

Immoprêt propose 100 postes dans son réseau aux employés du Crédit immobilier de France

Alors que partout en France les 2.500 salariés du Crédit immobilier de France se mobilisent contre la disparition annoncée de l’établissement et la perte de leur emploi, le courtier en crédit immobilier Immoprêt a annoncé jeudi 24 janvier avoir rencontré « les instances du CIF » en vue de proposer l’embauche de 100 salariés, « essentiellement dans le réseau commercial » du courtier. « Nous tenons à faire savoir aux salariés du CIF, acteur incontournable pour l’accession sociale à la propriété, que leurs profils nous intéressent fortement à l’heure où nous connaissons une croissance importante », souligne Ulrich Maurel, fondateur et président d’Immoprêt. Le réseau Immoprêt compte 36 agences sur le territoire métropolitain.