« En périphérie de Lyon, les primo-accédants n’ont pas la capacité d’acheter »

Partagez

umf, maisons, individuelles, lyon, rhone

INTERVIEW - Les ventes de maisons individuelles ont chuté en 2012, un phénomène qui n'a pas épargné la région lyonnaise. A l'approche du salon immobilier de Lyon, Toutsurlimmobilier.fr se penche sur la question avec Claudy Chenelat, délégué régional de l'Union des maisons françaises en Rhône-Alpes.

Toutsurlimmobilier.fr : Comment se comporte le marché de la maison individuelle neuve dans la région lyonnaise ?

Claudy Chenelat, délégué régional Rhône-Alpes de l'UMF : A la fin du mois de janvier 2013 dans le Rhône, les ventes sont en recul de 16% sur douze mois glissants, donc nous suivons le même rythme que la moyenne nationale. [L'UMF a fait état d'un repli des ventes de 16% en 2012, ndlr] Ce repli impacte beaucoup plus le « groupé » (un permis de construire déposé pour plusieurs constructions) que le « diffus » (un permis pour une maison) puisque les mises en chantier dans le Rhône ont baissé de 30% pour le groupé, contre 8% pour le diffus. Cependant, les permis de construire sont en baisse de seulement 3% à fin janvier, ce qui est assez rassurant. Donc actuellement, il n'y a pas trop d'inquiétude sur les chantiers de maisons individuelles pour la première moitié de l'année 2013, avec une bonne transformation des ventes en permis de construire.

Toutefois, nous constatons une baisse des prises de contacts depuis le début de l'année, ce qui pourrait se traduire par un possible baisse plus nette des ventes plus tard dans l'année. Les taux de crédit immobilier sont pourtant bas et la qualité des maisons individuelles a été renforcée avec les contraintes techniques et thermiques comme la RT 2012. Mais la crise économique fait hésiter voire renoncer les ménages.

Qu'en est-il des primo-accédants à la propriété ?

Ils sont moins présents sur le marché. Les nouveaux plafonds de ressources du PTZ+ ne sont pas assez incitatifs et bénéficient à des ménages qui n'ont pas forcément la capacité d'acheter. Et les coûts de construction ne peuvent pas baisser, parce que les normes techniques ne peuvent pas être annulées et les salaires dans le bâtiment ne vont pas diminuer. Le seul levier, c'est le foncier. A ce titre, l'inflation galopante des dernières années s'est calmée mais ce n'est pas demain qu'un primo-accédant achètera un terrain de 1.000 mètres carrés (m²) à Limonest. Dans les zones plus rurales, comme l'Ain, la Loire ou le nord du Rhône, il est plus facile de négocier les prix à la baisse. Dans la périphérie de Lyon ou de Grenoble en revanche, les primo-accédants n'ont pas la capacité d'acheter.

Justement, qu'observez-vous en termes de prix ?

Pour une maison de 100 m² habitables, le prix moyen se situe à 117.000 euros TTC. En Rhône-Alpes, nous sommes plus proches de 120.000/125.000 euros en moyenne car les coûts de construction sont un peu plus élevés que la moyenne, en particulier vers la Haute Savoie ou les agglomérations lyonnaises et grenobloises, parce que le coût de main d'œuvre est plus important. Du côté des primo-accédants, la tendance est à la réduction de la surface habitable vers les 90m², ce qui réduit mécaniquement le prix d'achat.

Peut-on parler de zones géographiques plus dynamiques, plus recherchées dans la région pour la construction de maisons individuelles ?

Il n'y a pas vraiment de classement des territoires les plus demandés dans la région. Les ménages s'attachent surtout aux aspects pratiques : ce qui influence leur choix, c'est la localisation de leur lieu de travail ou encore la présence de transports en communs efficaces. Quand on travaille à la Part-Dieu par exemple, vivre à Bourg-en-Bresse ne pose pas de problèmes grâce au réseau ferroviaire.

Au-delà des aspects pratiques, c'est la capacité financière des ménages qui va déterminer la localisation de leur achat. Quel primo-accédant peut se payer un logement neuf à Confluence, un des quartiers les plus chers de Lyon ? Il est possible d'acheter dans l'ouest lyonnais, vers Brignais ou Mornant en direction de la Loire avec un budget de 250.000 euros. Mais dans Lyon même, une famille ne peut rien acheter en neuf à ce prix.

 

Propos recueillis par Thibault Fingonnet.

A lire également sur l'immobilier lyonnais :

Tout savoir sur les prix de l'immobilier ancien à Lyon
Tout savoir sur les niveaux de loyers de l'agglomération lyonnaise
Lancement du salon de l'immobilier Rhône-Alpes à Lyon le 15 mars 2013

 

 

 



 

les articles les plus lus

1. Les étapes à suivre pour l'achat d'un appartement ou d'une maison
2. Loi Elan : à quoi correspond le bail mobilité ?

Réseaux Sociaux