Garantie des loyers impayés : 1,5 milliard d’euros par an ?


La garantie universelle des loyers (GUL) présentée dans la future loi sur le logement de Cécile Duflot devrait avoir un coût limité selon le ministère du Logement, qui évoque un besoin de financement de l’ordre de 700 millions d’euros par an. Mais cette garantie contre les impayés de loyer, financée par un prélèvement qualifié de « minime » par la ministre du Logement, pourrait en définitive coûter bien plus : 1,5 milliard d’euros par an à partir de 2017, estime le groupe Galian, spécialisé dans l’assurance des professionnels de l’immobilier.

 

Le calcul de Galian repose sur l’hypothèse d’une couverture de 6 millions de logements (sur les 6,5 millions du parc privé) et d’un coût de gestion moyen des impayés de 950 euros. Un des problèmes posés par la GUL, selon l’assureur, est qu’elle admet un taux d’effort des locataires allant jusqu’à 50%, ce qui créerait « une illusion de solvabilité ». Ainsi, selon les calculs de Galian, plus de 400 millions d’euros de budget annuel devraient être alloués à la gestion des impayés de locataires présentant un taux d’effort entre 40 et 50%. 9% de ces locataires seraient en situation d’impayé, contre 5,5% des locataires au taux d’effort compris entre 33 et 40% et 2,2% de ceux entre 0 et 33%.

Autre problème souligné par l’assureur et certains professionnels de l’immobilier, la mise en place d’une garantie universelle entraîne un risque de déresponsabilisation et « un sentiment d’immunité dangereux ».

La GUL doit être mise en place à compter du 1er janvier 2016 selon le projet de loi Alur. Elle sera financée par un prélèvement sur les loyers, supporté « à parts égales » par les propriétaires et les locataires. La gestion des impayés et le financement de la garantie seront confiés à un organisme public, l’Agence de la garantie universelle des loyers.