Immobilier : à Paris, la baisse des prix touche à sa fin


Les transactions sont reparties à la hausse à Paris et en Ile-de-France sur la première moitié de l'année 2015, à la faveur notamment de l'érosion prolongée des prix. Dans la capitale, le mètre carré se négocie à 7.880 euros en moyenne mais devrait repasser les 8.000 euros avant la fin de l'année.  

A Paris, la baisse des prix touche à sa fin

Faut-il parler d’une reprise ? Les notaires eux-mêmes hésitent à se prononcer. Pourtant le marché immobilier francilien s’est amélioré sur la première moitié de l’année 2015 : d’après les données présentées par les notaires de Paris – Ile-de-France, les ventes de logements anciens dans la région ont augmenté de 20% au deuxième trimestre, à 37.270 transactions. Sur l’ensemble du premier semestre, l’activité progresse de 9% après un début d’année difficile. « Il y a du mieux mais ce n’est pas encore le marché fluide qu’on a connu lors des meilleures années », commente Thierry Delesalle, notaire à Paris.

Moins d’invendus de longue durée dans les agences

En toute logique, la baisse des prix, couplée à l’attractivité des taux de crédit immobilier, a fortement contribué à cette tendance. Pour l’ensemble de l’Ile-de-France, le prix moyen au mètre carré des appartements fléchit de 3% sur un an pour se fixer à 5.220 euros. Celui des maisons anciennes s’affaisse également de 1,9%, à 288.100 euros. Et Paris n’échappe pas à la correction des prix : le mètre carré a perdu 3,1% pour se négocier à 7.880 euros en moyenne, bien que l’on distingue toujours de fortes disparités d’un arrondissement ou même d’un quartier à l’autre.

Les prix à Paris, arrondissement par arrondissement

Au-delà des prix ou de la saisonnalité, le printemps étant traditionnellement une période privilégiée pour l’achat immobilier, les notaires pointent une nouveauté. « Les stocks qui avaient tendance à grossir dans les agences immobilières depuis quatre ans ont diminué, et sur tous les types de biens », souligne ainsi Maitre Delesalle. « Des biens en vente depuis plus d’un an ont fini par trouver preneur », abonde la présidente de la chambre des notaires de Paris – Ile-de-France, Catherine Carely.

Marché vendeur

Mais pour les acquéreurs parisiens et franciliens, le temps presse. Les indicateurs basés sur les avant-contrats signés cet été laissent tous présager d’une hausse des prix d’ici la fin de l’année. A Paris, le prix du mètre carré devrait grimper à 8.070 euros d’ici octobre, gommant ainsi le recul enregistré depuis le début de l’année. En outre, les taux d’emprunt remontent, doucement mais surement. De quoi décourager certains… ou les inciter à accélérer. « La remontée des taux a été le déclencheur, explique Thierry Delesalle. Les acquéreurs n’étaient pas pressés de signer la promesse de vente et l’histoire leur donnait raison : plus ils tardaient et plus les taux et les prix baissaient. Aujourd’hui, c’est tout le contraire et le marché est devenu beaucoup plus vendeur. »

Pour autant, cet équilibre est fragile : « S’il y a un effet ciseau de remontée des taux et des prix, la solvabilité des acquéreurs va être mise à mal », rappelle Frédéric Dumont, notaire à Montreuil. Il va donc falloir encore patienter pour savoir s’il est juste ou non de parler de reprise.