Immobilier : baisse des prix de 4% en 2014 selon Standard & Poor’s


Selon l'agence de notation Standard & Poor's, les prix de l'immobilier diminuent en France en 2013, une tendance qui devrait se poursuivre l'année prochaine. La baisse n'est cependant pas aussi affirmée qu'escomptée.

Immeuble d'appartements anciens à Paris

Les prix de l’immobilier français baissent difficilement mais ils reculent malgré tout. C’est le constat tiré par l’agence de notation Standard & Poor’s dans son étude sur les marchés immobiliers européens publiée lundi 4 novembre 2013. L’analyse à la fin du troisième trimestre 2013 pointe un recul estimé à 3% en moyenne en 2013 et table sur une baisse d’environ 4% en 2014. Des projections à mettre en perspective avec une augmentation des prix évaluée à 155% depuis 1998…

Pour Standard & Poor’s le marché hexagonal est surévalué de 15% « par rapport à sa moyenne de long terme ». Surtout l’agence explique que les prix continuent de résister et devraient baisser plus fortement. Mais plutôt que d’affecter les prix, « la correction du marché qui a débuté fin 2011 affecte essentiellement le volume de transactions ». Une analyse proche de celle du Crédit Foncier, qui expliquait à l’issue du troisième trimestre 2013 que « la baisse des volumes cache la baisse des prix ».

Déficit de construction et taux de crédit freinent le recul des prix

Les facteurs de résistance sont multiples. Structurellement, l’ensemble des acteurs politiques et économiques s’accordent pour dire qu’il existe un déficit de logements en France. « Des estimations officielles suggèrent que le déficit de logements est désormais proche du million », affirme l’agence. Un chiffre d’autant plus inquiétant que la tendance n’est pas prête de s’inverser en 2014.

D’autre part, les taux de crédit immobilier au plus bas « donnent un signal encourageant aux acheteurs » et contribuent à maintenir les prix à haut niveau. Dès lors, une remontée des taux accélèrerait mécaniquement la baisse des prix pour compenser un coût d’emprunt plus élevé. Standard & Poor’s estime cependant que cet ajustement devrait se réaliser progressivement si la Réserve Fédérale américaine décide de mettre un terme à sa politique monétaire accommodante.

D’autant que l’agence de notation ne manque pas de noter qu’un autre facteur, fiscal cette fois, va perturber le marché immobilier hexagonal dès l’an prochain. En effet, les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) prélevés sur les acheteurs vont augmenter de 5,09 à 5,79% dès l’an prochain. De quoi alourdir la facture des acquéreurs dont la capacité d’achat est déjà fortement affectée par les hausses d’impôts et le chômage.