Immobilier de luxe : Paris n’a plus la cote


L'immobilier d'exception parisien n'attire plus autant les investisseurs selon le réseau d'agences immobilières Barnes. Hausse des stocks, prix moyen d'achat en baisse, ... La capitale régresse dans le concert mondial des villes les plus recherchées même si un rebond est envisageable en 2014.

Maison de 354 mètres carrés à la Garenne-Colombes

« Paris fait du sur place. » Thibault de Saint Vincent ne mâche pas ses mots pour qualifier la trajectoire de l’immobilier de luxe dans la capitale. Le président du réseau Barnes, acteur incontournable de l’immobilier d’exception, « sent bien qu’il y a un ralentissement à Paris ». A juste titre puisque malgré l’explosion du nombre de fortunes mondiales dépassant un million de dollars, en croissance de 46% en 5 ans à 12,57 millions, la capitale ne profite pas de ce phénomène. Paris régresse ainsi dans le classement Barnes des villes les plus recherchées, sortant du top 4 à fin 2013 pour reculer au 6ème rang, derrière Londres, New York, Hong Kong mais également Miami et Singapour.

 

« Jamais autant de biens de qualité disponibles »

L’engouement moindre pour l’immobilier parisien se traduit indubitablement dans l’évolution des prix au mètre carré (m2) observée dans les principales capitales entre 2009 et 2013. Tandis que le centre londonien ou New York ont vu le prix de la pierre s’envoler de 233% sur cette période, à respectivement 17.737 euros et 13.695 euros, le prix du mètre carré parisien n’a augmenté que de 26% à 8.025 euros. La capitale fait également pâle figure à côté de Genève (+58% à 8.771 euros) et surtout Miami (+263% à 6.264 euros).

Comment expliquer ce tassement relatif des prix à Paris ? « Il n’y a jamais eu autant de biens de qualité », avance Thibault de Saint Vincent. Cette profusion de logements disponibles, que ce soit à un prix inférieur à 2 millions d’euros (936 biens dans le réseau Barnes, +30% sur une année en décembre 2013), compris entre 2 et 5 millions d’euros (325 biens, +80%) ou supérieur à ce seuil (128 biens, +72%), conjuguée à la baisse du nombre d’acheteurs étrangers expliquerait ainsi cette tendance. La surabondance de logements de grande surface est également mise en avant par le président de Barnes pour expliquer les décotes importantes, entre 15 et 20%, sur ces biens.

 

Transactions en berne

Car parallèlement à la faiblesse de la demande étrangère, les Parisiens eux-mêmes rechignent à investir dans des appartements familiaux. Tandis que sur ces biens, « une partie des propriétaires a décidé de s’expatrier » ou d’opter pour la location, les acheteurs ne se bousculent pas. Loin de là, à en croire le directeur général de Barnes Richard Tzipine, qui note que de nombreux Franciliens préfèrent investir dans des surfaces petites ou moyennes pour réaliser des acquisitions de moindre valeur, constatant à ce titre que « le Parisien se rétrécit ».

Cette tendance se confirme dans les chiffres puisque les transactions, bien que plus nombreuses sur les biens inférieurs à 2 millions d’euros, au nombre de 476 à fin décembre 2013 contre 372 un an plus tôt (+28%), ne progressent que de 15% en valeur. Le prix moyen d’un bien sur cette tranche de prix baisse donc considérablement. « Les acheteurs font preuve de rationalité », ne s’alignant plus sur les niveaux de prix demandés par les vendeurs, pointe justement Richard Tzipine. Plus criant encore, les transactions chutent sur les biens compris entre 2 et 5 millions d’euros (-15%) et de plus de 5 millions d’euros (-43%) malgré la présence plus marquée d’investisseurs étrangers sur ces segments de marché, notamment sur la rive gauche de Paris.

 

Attractivité retrouvée sur les prix

C’est d’ailleurs la résilience de ces acheteurs venus du Moyen-Orient ou de Russie qui justifie la confiance de Thibault de Saint Vincent dans le futur de l’immobilier de luxe parisien. Ce spécialiste remarque en outre la « réapparition de la clientèle américaine ». Cette dernière réaliserait en effet qu’ « elle commence à avoir un pouvoir d’achat qui lui fait dire : « pourquoi pas Paris ? » ». Combinée à l’afflux de la clientèle française fortunée venue de Province ou d’Ile-de-France pour des raisons de sécurité et de qualité de placement, l’immobilier haut de gamme pourrait retrouver des couleurs en 2014.

Mais plus encore, c’est le niveau des prix, qui s’est bien moins apprécié que dans les autres capitales mondiales, qui est porteur d’espoir pour Barnes. L’attrait de la capitale retrouvé, après une baisse moyenne des prix au m2 de 4% en 2013, pourrait ainsi provoquer le retour d’investisseurs étrangers comme français.

 

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