Immobilier de prestige : la baisse des prix relance les ventes


Le réseau d'agences immobilières Barnes souligne la reprise des transactions sur les biens immobiliers de plus de 2,5 millions d'euros en janvier 2013. Cette reprise s'explique par l'attitude des vendeurs qui acceptent désormais de négocier les prix à la baisse jusqu'à 15%.

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Les ventes de biens de luxe à Paris repartent à la hausse en 2013. Dans son point de début d’année sur l’immobilier résidentiel haut de gamme, le réseau d’agences Barnes signale une reprise des transactions sur les biens immobiliers de prestige au mois de janvier 2013. « Le mois de janvier, que l’on attendait difficile, a été un des meilleurs de l’année, explique même le président du groupe Thibault de Saint-Vincent. Et ça continue en février. » Le spécialiste de l’immobilier du luxe, pour étayer son propos, s’appuie en particulier sur les 8 transactions réalisées dans la capitale en janvier 2013 sur des biens dont le prix excède 2 millions d’euros Rive droite et 3 millions d’euros Rive gauche.

« L’équilibre acheteurs/vendeurs s’inverse »

La reprise des transactions en janvier 2013 va ainsi à rebours de la tendance observée en 2012, avec une chute de 42% des ventes sur des biens supérieurs à 2 millions d’euros. Pourtant, Barnes pointe « une raréfaction de la demande au-delà de 2 millions d’euros Rive droite et 3 millions d’euros Rive gauche ». Moins d’acheteurs, donc moins de transactions ? Pas forcément, puisque de nombreux vendeurs consentent désormais de véritables baisses sur leurs prétentions initiales et acceptent de diminuer le prix, en moyenne de 12% par rapport à janvier 2012.

« L’équilibre acheteurs/vendeurs s’inverse », explique ainsi Thibault de Saint-Vincent. Les acheteurs se raréfient, les vendeurs se multiplient, notamment les grosses fortunes tentées par l’exil fiscal, suite aux hausses d’impôts votées lors des lois de finances successives en 2012, comme sur la taxation des plus-values immobilières. « On peut négocier avec les propriétaires », poursuit le président de Barnes. Pour preuve, il met en avant plusieurs exemples de biens vendus en janvier, moyennant des baisses significatives. Un 9/10 pièces avenue Victor Hugo (XVIe) de 402 mètres carrés (m2) s’est ainsi échangé à 3,595 millions d’euros, soit 8.942 euros le m2, alors qu’il était estimé à 10.500 euros le m2 un an plus tôt. Une chute du prix au m2 de 17% qui s’explique entre autres par l’absence d’acheteurs potentiels, avec seulement 2 visites en 8 mois ! De même, un 7/8 pièces de 275 m2 Chaussée de la Muette (XVIe) s’est vendu en janvier 2013 à 2,7 millions d’euros, soit 9.800 euros le m2 alors que son estimation un an plus tôt tablait sur un prix de 11.000 euros le m2. Là encore, ce bien de prestige n’avait été visité que 3 fois en 3 mois.

Baisse des prix de 5% en 2013

Si l’essentiel de la chute des prix pour les biens haut de gamme semble derrière nous selon Thibault de Saint-Vincent, le spécialiste anticipe une nouvelle diminution des prix, d’environ 5% en moyenne en 2013. Certains vendeurs devront même consentir des baisses de prix conséquentes. Ainsi, un appartement de standing de 280 m2 situé dans le VIIe arrondissement et estimé à 9 millions d’euros en janvier 2012 a vu son prix dévalué à 7 millions d’euros 12 mois plus tard. Une diminution « insuffisante » pour le président de Barnes, au vu de la seule visite de cet appartement en janvier. En 2013, selon lui, ce bien pourrait trouver preneur pour seulement 5,5 millions d’euros, soit 39% moins cher que lors de sa mise en vente en mars 2012.