Immobilier : l’avantage laissé aux acheteurs en 2016 ?

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Portés par des taux de crédit au plus bas et des prix en baisse, les acheteurs ont redynamisé le marché de l'immobilier ancien en 2015. Les professionnels se veulent optimistes et espèrent que l'année 2016 s'inscrira dans la même lignée, même si la diminution des prix s'essouffle.

 
2016, encore une bonne année pour acheter de l'immobilier ?

Les candidats à l'achat immobilier peuvent garder le sourire en 2016. Après un exercice 2015 favorable à l'acquisition grâce au recul des prix et la faiblesse des taux de crédit, les deux tiers des professionnels du secteur abordent la nouvelle année avec optimisme, selon le baromètre Crédit Foncier/CSA diffusé lundi 4 janvier 2016. Un optimisme lié à la hausse de 16,2% des transactions de logements anciens enregistrée par l'enseigne Century 21 l'an passé ou encore celle de 17% des visites réalisées par le réseau Guy Hoquet, selon des chiffres dévoilés le même jour. « Les taux bas ont augmenté le pouvoir d'achat des clients déjà solvables, en les enrichissant virtuellement, et le nombre d'acheteurs », analyse le président de Century 21 Laurent Vimont.

Pour illustrer ce regain de forme, Guy Hoquet met en avant la progression des primo-accédants, qui représentaient 36% du marché l'an passé contre seulement 30% en 2010. Laurent Vimont estime pour sa part que le marché s'est débloqué grâce aux acheteurs-vendeurs : « Les taux bas et la relative sagesse des vendeurs ont permis le retour des ventes de confort. Les secundo-accédants, ceux qui doivent vendre pour acheter, ont compris que dans un marché baissier, s'ils mettent leur logement en vente à un prix trop élevé, ils ne vendent pas et donc ils n'achètent pas. » Autrement dit, tous les publics ont profité de la reprise, malgré quelques nuances chez les investisseurs (voir encadré).

La baisse des prix ralentit

Si les professionnels parient sur une poursuite de cette tendance favorable, plusieurs facteurs incitent cependant à une certaine prudence. Comme l'année dernière, les acquéreurs restent dépendants des taux d'intérêt, même s'il n'y a « pas d'éléments qui laissent augurer d'une hausse des taux en 2016 » à ce stade, d'après Laurent Vimont.

Le danger pourrait alors venir du ralentissement de la baisse des prix : alors qu'ils reculaient de 2,6% sur un an en moyenne à fin juin 2015, ils ne diminuent plus que de 0,6% à fin décembre selon Century 21. Ils ont même terminé l'année en hausse dans neuf régions*, notamment en Alsace (+6,5%), en Poitou-Charentes (+4,9%) et dans les Pays-de-la-Loire (+4,3%). Si des corrections sont envisageables en 2016, notamment en Alsace, seule région où les ventes ont diminué, l'érosion continue des prix observée depuis 2012 (-5,1%) pourrait bien s'achever avant la prochaine Saint-Sylvestre. De quoi instiller une pointe de doute dans l'optimisme ambiant.

Statistiques régionales de Century 21

*Régions avant la réforme territoriale entrée en vigueur en 2016

 

Les investisseurs s’éloignent de Paris, Lyon et Marseille

Les investisseurs aussi ont profité de 2015, mais pas forcément là où on les attend. D’après Century 21, les achats à titre de placement dans l’immobilier locatif ancien ont grimpé de 5,7% en moyenne et représentent 16,7% de l’activité. A Paris en revanche, les acquisitions d’investisseurs ont fléchi de 4,8% (23,8% du marché). Dans le même temps, certains départements d’Ile-de-France profitent d’un effet de report, en particulier la Seine-Saint-Denis où les investissements ont grimpé de 20,9%.


Si l’encadrement des loyers parisiens est immédiatement invoqué pour expliquer ce phénomène, il convient de noter que Paris n’est pas la seule métropole boudée par les bailleurs : les investissements ont ainsi reculé de 7,4% à Lyon et surtout de 17,7% à Marseille.



 

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