Immobilier : le Crédit Foncier anticipe des baisses de prix hétérogènes


Le Crédit Foncier table sur des baisses des prix dans l'ancien bien différenciées selon les localisations. Les taux de crédit immobilier devraient rester attractifs mais n'empêcheront pas un nouveau recul des ventes.

immobilier, prix, taux, credit

 

Qui a dit que les prix de l’immobilier ne baissaient jamais ? Pour le Crédit Foncier, 2012 marque à ce titre « un vrai virage » puisque les prix dans l’ancien sont globalement orientés à la baisse, avec des évolutions situées entre +2 et -10% en province. « Nous sommes toutefois loin d’un rééquilibrage » des prix, souligne Stéphane Immowicz, directeur général du Crédit Foncier Immobilier, compte tenu de la hausse ininterrompue des prix dans les années 2000. De plus, les marchés sont de plus en plus hétérogènes et l’établissement de crédit note une forte différenciation entre zones tendues et non tendues mais aussi au sein d’un même territoire ou d’une même agglomération.

Des baisses de prix mais pas pour tout le monde

Cette tendance devrait d’ailleurs s’affirmer encore un peu plus en 2013. Selon Christophe Pinault, directeur général délégué du Crédit Foncier, il y aura « une poursuite de la baisse des prix dans des proportions raisonnables, avec des disparités régionales très importantes ». Ainsi, mêmes les zones les plus tendues et les grandes agglomérations, où les prix sont soutenus par une offre trop faible par rapport à la demande, pourraient connaître un léger recul des prix, le Crédit Foncier tablant sur une fourchette comprise entre 0 et -5%. En Ile-de-France hors Paris, les prix devraient reculer d’environ 5% tandis que les zones où la demande reste faible pourraient connaître des baisses de -7 à -10%.

Pour autant, le recul des prix ne devrait pas suffire à relancer l’activité, puisque l’établissement de crédit envisage un nouveau recul des transactions dans l’ancien, à 570.000 transactions enregistrées (-12%). A ce titre, il n’envisage une reprise qu’au second semestre 2014, en imaginant que le contexte macro-économique ne se détériore pas davantage.

Sur le marché du neuf, malgré un très léger reflux des prix, les coûts du foncier, les coûts de construction « qui restent significatifs » ainsi qu’un fort effet d’inertie contribueront à maintenir les prix à un niveau élevé en 2013.

Remontée de taux envisagée pour fin 2013

Le recul des prix dans l’ancien est d’autant plus crucial pour les acheteurs potentiels que ceux-ci pourront continuer à profiter de taux de crédit attractifs. Après une année 2012 durant laquelle « les taux n’ont jamais été aussi bas en France » comme l’a souligné Thierry Dufour, directeur général délégué du groupe, les taux devraient rester sur la même tendance cette année et donc continuer à « resolvabiliser considérablement la clientèle » et notamment les accédants à la propriété comme le souligne Stéphane Immowicz. Pour autant, la dégradation des perspectives économiques nationales ou encore l’instabilité politique revenue au premier plan en Italie, pourraient avoir un impact et en particulier provoquer une légère remontée du taux des obligations assimilables du Trésor (OAT) à dix ans, qui constitue un élément essentiel dans l’établissement des taux de crédit par les banques.

De plus, les acteurs du financement de l’accession à la propriété pourraient être tentés d’inclure plus significativement la prime de risque lié à l’octroi du crédit dans le calcul du taux, compte tenu des risques accrus encourus par les emprunteurs dans un contexte économique morose. En définitive comme l’explique Thierry Dufour, « les taux de crédit devraient rester assez bas, avec peut-être une inflexion à la hausse en fin d’année ».

La faiblesse des taux n’a bien évidemment pas empêché la chute de la distribution de crédit à l’habitat en 2012. Le Crédit Foncier fait état à cet égard d’une baisse des volumes de crédits engagés ou accordés aux ménages de 29% (115 milliards d’euros) tandis que les montants versés effectivement aux particuliers diminuent de 18% (119 milliards d’euros). Fait rare, le montant des crédits versés supplante celui des crédits engagés, un phénomène qui s’explique par la chute brutale de l’activité : une partie des crédits versés en 2012 avaient été engagés en 2011 et la chute des montants engagés en 2012 devrait se répercuter sur l’activité 2013. Celle-ci devrait s’établir autour de 100 milliards d’euros, en baisse de 12% environ. Le Crédit Foncier espère une légère reprise pour 2014, « dans des proportions somme toute relativement modestes » pour Christophe Pinault.