Immobilier : le moral des acheteurs a faibli après l’été 2015


L'observatoire du moral immobilier de Logic-immo.com note un repli des intentions d'achat. La hausse estivale des taux de crédit a produit un effet psychologique négatif tandis que les prix suscitent encore des frustrations. L'offre et la demande peinent à se rencontrer.  

Crédit, prix… les acheteurs ne voient pas le marché immobilier en rose

Est-ce le bon moment pour acheter un logement ? Les Français ne semblent plus aussi sûrs, si l’on en croit les conclusions de la 17ème vague de l’observatoire du moral immobilier* présentée par le portail d’annonces Logic-immo.com mardi 1er décembre 2015. Les intentions d’achat et de vente se sont repliées entre avril et octobre et la perception du marché s’est dégradée. Si le marasme est encore loin, 70% des futurs acquéreurs jugeant le moment encore opportun pour passer à l’acte, l’optimisme est quelque peu retombé depuis le printemps (80% en avril 2015).

Brutale réaction à la petite remontée des taux estivale

Pour expliquer ce résultat, l’observatoire met en avant la hausse minime des taux de crédit intervenue cet été. « Au-delà du simple calcul du pouvoir d’achat immobilier, les taux d’intérêt ont pris une dimension psychologique et du coup, les acquéreurs sont plus sensibles à l’évolution des taux qu’à leur niveau réel », relève Stéphanie Pécault, responsables des études pour Logic-immo.com. Ainsi, en avril 2015, 46% des acquéreurs avec un projet à mener dans les six mois se disaient motivés par les taux d’emprunt, qui se situaient à 2,34% en moyenne selon la Banque de France. En octobre, cette proportion tombe drastiquement, à 29%… et pourtant, le taux moyen s’avère encore plus faible (2,22% en septembre).

Le renchérissement estival du coût du crédit a donc eu « un effet massue » sur les candidats à l’achat, même si celui-ci ne se prolongera pas nécessairement encore très longtemps. « Il y a vraiment un écart entre le seuil psychologique au-delà duquel les acheteurs n’iront pas emprunter (3,2% selon l’étude, Ndlr) et les taux actuels. On se dit qu’une fois qu’ils auront pris un peu de recul, ils reviendront sur le marché », ajoute Stéphanie Pécault.

En parallèle, « l’idée d’une hausse des prix commence à s’installer dans la tête des acquéreurs », poursuit-elle. 28% des acheteurs pensent ainsi qu’ils vont augmenter dans les six prochains mois, une proportion jamais observée depuis 2011. Ils sont également 50% à tabler sur une telle tendance d’ici deux ans. Autrement dit, les perspectives s’avèrent peu enthousiasmantes pour ces ménages « qui se sentent parfois frustrés par le prix des biens immobiliers » par rapport à leur budget (82%).

Insatisfaction des acheteurs face à l’offre proposée

Au-delà du moral des acquéreurs qui faiblit, l’observatoire met en avant l’inadéquation de l’offre de logements mis en vente avec leurs attentes. Ce point est cité par 72% des sceptiques sur l’aboutissement de leur projet dans les six mois, loin devant les prix trop élevés (55%). Une situation qui pénalise les acheteurs-revendeurs, moins nombreux à vouloir poursuivre leur projet.

Pour les aspirants au premier achat immobilier, la question du prix se pose avec plus d’acuité. Alors que 57% des acquéreurs non-revendeurs cherchent un bien à moins de 200.000 euros, seuls 35% des logements mis en vente par les acheteurs-revendeurs correspondent à cette enveloppe. A l’inverse, 34% des biens que ces derniers proposent dépassent les 300.000 euros, un budget acceptable pour seulement 17% des non-revendeurs. « Les jeunes foyers qui rentrent sur le marché n’ont pas les moyens d’acheter ce que revendent leurs aînés », analyse Stéphanie Pécault. Autant dire que la poursuite de la baisse des prix en 2016 annoncée par certains ne sera pas un luxe pour les primo-accédants.

*Enquête d’opinions menée auprès d’un échantillon de 3.886 personnes, dont 1.251 ayant un projet d’acquisition d’ici à un an. Etude réalisée par l’institut TNS Sofres.