Immobilier : les acheteurs manquent d’optimisme


Plus d'un tiers des porteurs de projets immobiliers interrogés par le portail Logic-immo.com estiment que leur pouvoir d'achat a diminué sur les cinq dernières années. Leur perception des prix et des taux de crédit se montre plus négative que la réalité et le nouveau PTZ gagnerait à être mieux connu.  

Les Français trop pessimistes sur l’état du marché immobilier ?

2016 sera-t-elle l’année de la reprise du marché immobilier ? Les Français interrogés par le portail d’annonces immobilières Logic-immo.com ont encore besoin d’être convaincus, si l’on en croit les conclusions de la 18ème vague de l’observatoire du moral immobilier* présentée jeudi 17 mars.

Pourtant, les intentions d’achat et de vente sont reparties à la hausse depuis octobre dernier et près de 7 acheteurs sur 10 jugent le moment opportun pour acquérir un logement. Mais « ils sont moins optimistes qu’en avril 2015 », analyse la responsable de l’étude Stéphanie Pécault, lorsqu’ils étaient 80% à partager cet avis.

Décalage psychologique avec la réalité

Pour comprendre ce ressenti, l’observatoire met en avant la perception qu’ont les acquéreurs potentiels de leur pouvoir d’achat immobilier. 37% d’entre eux jugent ainsi qu’il a décliné depuis 2011, année du début de la baisse lente et graduelle des prix. Et ce en dépit de la chute des taux de crédit qui a accompagné cette érosion des prix. Mais les conditions de financement actuelles suscitent moins l’enthousiasme que l’année dernière : 75% des interrogés jugeaient les taux attractifs en janvier et 37% affirmaient qu’ils représentent leur motivation principale pour faire aboutir leur projet dans les six mois, contre 85 et 46% respectivement en avril 2015. Pourtant, le taux moyen relevé par la Banque de France se situait au même niveau dans les deux cas (2,34% en avril 2016, 2,33% en janvier 2016). « Il y a un décalage psychologique entre ce que les gens perçoivent et les conditions réelles de marché », résume Stéphanie Pécault.

Ce décalage brouille également les perspectives des porteurs de projets immobiliers. Ainsi, 43% des sondés s’attendaient à une hausse des taux en janvier dernier, 8% seulement pariant alors sur un nouveau repli. Or les taux d’emprunt ont bel et bien diminué depuis le début de l’année et aucune remontée n’est à l’ordre du jour pour les prochaines semaines. Côté prix, ils ne sont plus que 41% à tabler sur une augmentation, contre 50% en octobre 2015, tandis que près d’un tiers prédisent un reflux dans les deux ans à venir. L’indécision des particuliers est cependant partagée parmi les professionnels : certains, comme l’observatoire LPI – Les prix immobiliers, affirment que le redressement des prix a déjà commencé tandis que d’autres, à l’image du Crédit Foncier, anticipent une prolongation de la baisse des prix.

Un PTZ trop peu connu du grand public ?

En dépit de ces incertitudes, les primo-accédants disposent d’un atout de taille pour devenir propriétaire en 2016, à savoir le nouveau prêt à taux zéro (PTZ). Cette aide, qui permet de financer jusqu’à 40% du montant de l’acquisition, gagnerait cependant à être mieux connue : 31% des porteurs de projets interrogés par Logic-immo.com affirment ne pas savoir s’ils sont éligibles ou non à ce dispositif soumis, entre autres, à des conditions de revenus. Reste que le nouveau dispositif entré en vigueur en début d’année n’est pas totalement passée inaperçu puisque les intentions d’achat dans le neuf ont grimpé de 10 à 16% entre octobre et janvier.

Dans l’ancien, la situation est plus délicate, l’octroi du PTZ étant conditionné à la réalisation de travaux conséquents (25% du coût total de l’opération, travaux inclus). Pourtant, 46% des sondés déclarent être prêts à assumer de grands travaux (extension, modernisation, assainissement…) dans leur nouveau logement. Mieux encore, les trois quarts d’entre eux jugent réaliste la quotité de 25%. Mais même en imaginant qu’ils ne changent pas d’avis avant de se lancer dans un tel chantier, « la question de l’offre se pose », souligne Stéphanie Pécault : si près d’un vendeur sur trois pense que son bien peut faire l’objet de travaux, seuls 6% estiment qu’ils seraient d’une ampleur suffisante pour donner droit au PTZ. De quoi restreindre significativement les possibilités des acheteurs et susciter davantage de doutes sur l’aboutissement du projet.

*Enquête réalisée en janvier 2016 auprès de 4.074 personnes, dont 1.248 porteurs de projets immobiliers à réaliser d’ici un an.