Immobilier : les coûts liés au logement dissuadent les actifs de changer d’emploi (Credoc)

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Les prix de l'immobilier constituent un frein à la mobilité professionnelle, selon une étude du Credoc, commandée par le Medef sur les conséquences de la crise du logement sur l'emploi. Ainsi 70% des Français refuseraient une opportunité professionnelle s'ils devaient augmenter leurs dépenses d'habitation.

La mobilité professionnelle se voit entravée par les coûts liés au logement. C'est la conclusion d'une enquête du Credoc, commandée par le Medef, pour évaluer les conséquences de la crise immobilière sur l'emploi. Ils sont ainsi 70% d'actifs à affirmer qu'ils refuseraient un meilleur emploi si ce changement occasionnait des dépenses supplémentaires pour se loger (frais de déménagement, nouveau logement trop cher, risque de moins-value sur la revente de l'ancien logement, etc.). Toutefois les jeunes (54 %), les emplois précaires (60 %) et les locataires (54 %) se disent moins réticents à déménager que les propriétaires de leur logement (80 %), les salariés des grandes entreprises (78 %) ou les personnes en poste depuis plus de 20 ans (77 %).

« Le risque de grippage de la mobilité résidentielle et professionnelle n'est pas virtuel : sur les 4,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, on estime que 500 000 ont renoncé à un poste pour ne pas avoir à supporter un surcoût financier en matière de logement », souligne Régis Bigot, l'auteur de l'étude. En élargissant à l'ensemble de la population en âge de travailler, le Credoc estime qu'environ 2 millions de personnes auraient récemment refusé un poste pour cette raison, soit 6% de la population (en dehors des retraités).

Rappelant que la pression des coûts de l'immobilier a tendance à accroître les distances entre le domicile et le lieu de travail, l'enquête du Credoc révèle également que la proximité avec le lieu de travail est le deuxième critère de choix d'un logement pour 41 % des sondés, juste après la qualité de l'habitation (53 %) et au même niveau que le cadre de vie dans le quartier (41 %). Ainsi 51% des actifs refuseraient l'opportunité d'un meilleur emploi si cela devait se traduire par une augmentation de 30 minutes du temps de transport pour se rendre à leur travail.

Les personnes ayant bénéficié d'une aide d'Action Logement (anciennement 1 % logement), sous la forme d'une aide à la mobilité, d'une aide au financement d'un projet immobilier ou encore d'une garantie locative, se montrent toutefois davantage disposées à déménager dans une autre commune (78%) ou dans une autre région (68%) que celles qui n'en ont pas bénéficiée.

« Le logement a pris une telle place dans la vie de nos concitoyens que leurs arbitrages se font parfois au détriment de l'emploi », conclut l'auteur de l'enquête.

En savoir plus
>> Etude du Credoc : les répercussions de la crise du logement sur l'emploi (format PDF, ouverture dans une nouvelle fenêtre)



 

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