Immobilier : les loyers stagnent en 2013


Les loyers de marché ne progressent pratiquement depuis le début de l'année 2013 (+0,1%) selon l'observatoire Clameur et restent sous l'inflation, comme en 2012. Ils reculent en moyenne à Paris, excepté pour les relocations.

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Voilà qui donne du grain à moudre aux opposants de l’encadrement des loyers proposé dans le projet de loi Duflot sur le logement et l’urbanisme… Selon l’observatoire privé Clameur, ces derniers n’ont pratiquement pas bougé en 2013, progressant d’à peine 0,1% en moyenne sur un an entre janvier et août 2013. « Les loyers sont en décalage d’un point avec l’inflation » qui se situe à 1% à fin août, explique l’économiste Michel Mouillart, responsable des études de Clameur.

Des baisses enregistrées à Paris, Lille et Bordeaux

« Il n’y a pas de dérapages, bien au contraire », affirme-t-il, pointant les reculs enregistrés dans 8 des 20 plus grandes villes de France. En particulier, ils sont en repli de 0,4% en moyenne à Paris, à 24,1 euros/m². Dans le reste de l’Ile-de-France, ils progressent de 0,3% en moyenne. La baisse dans Paris intra-muros fait néanmoins suite à une augmentation significative des loyers de marché parisiens en 2012 (+4,8%). De plus, l’augmentation constatée entre deux locataires reste très élevée dans la capitale, à 10,1%.

Nice (-0,4%, à 14,5 euros/m²) et Bordeaux (-1%, à 12,2 euros/m²) connaissent des trajectoires similaires, après des augmentations de 3,7% et 3,1% respectivement l’année passée. En revanche, la baisse des loyers estimée à Lille (-0,8%, à 13,5 euros/m²) fait suite à une année 2012 de hausse modérée de 1,5%, soit sous le niveau de l’inflation.

Dans les autres grandes métropoles, Lyon (+1,1%, à 12,7 euros/m²) et Villeurbanne (+1,5%, à 11,9 euros/m²) connaissent une revalorisation des loyers supérieure à l’inflation, de même que Dijon (+1,2%, à 11,1 euros/m²) et Reims (+3,8%, à 12,1 euros/m²). Ailleurs en revanche, la progression des loyers se fait à un rythme moins soutenu que l’évolution des prix à la consommation. C’est notamment le cas à Toulouse (+0,8%, à 11,8 euros), Marseille (+0,3%, à 12,6 euros/m²) et Nantes (+0,2%, à 11,7 euros/m²). Ils ne bougent pas à Strasbourg et restent fixés en moyenne à 12,5 euros/m².

L’offre locative privée se contracte

Au-delà des niveaux de loyers, le dynamisme du marché est en berne. La mobilité résidentielle « n’est pas bonne, sans surprise » souligne Michel Mouillart. Depuis 2011, le taux de mobilité, qui permet d’évaluer la proportion de nouveaux locataires, est en chute, pour s’établir en moyenne à 26,3% à fin août 2013. Plus inquiétant encore, cette tendance est exacerbée dans les grandes villes, où la demande de logements est la plus forte. La mobilité résidentielle n’a jamais été aussi basse à Marseille (15,6%) par exemple.

Dans la capitale, elle se situe à 17,1% et ne cesse de chuter depuis 2008. Manifestation concrète du manque de mobilité des locataires, « plus d’un tiers des locataires du parc privé vivent dans leur logement depuis plus de 9 ans à Paris » et plus de 50% depuis 6 ans. A l’échelle nationale, environ 30% des locataires sont présents dans les lieux depuis au moins 6 ans. En conséquence, le nombre de nouveaux baux signés ne cesse de diminuer depuis 2011.