Immobilier : les prix baissent à Paris mais les acheteurs ne se pressent pas


Les prix de l'immobilier ancien à Paris ont continué à baisser en début d'année 2015. En revanche, les ventes ne repartent pas et les investisseurs continuent de déserter la capitale d'après les notaires de Paris – Ile-de-France.  

La baisse des prix immobiliers à Paris ne relance pas les ventes

La baisse des prix continue à Paris. D’après les données publiées par les notaires de Paris – Ile-de-France jeudi 28 mai, ils reculent de 2,9% sur un an à la fin du premier trimestre 2015 pour se fixer à 7.910 euros par mètre carré en moyenne. Une tendance longue qui se poursuit depuis maintenant trois ans et qui affecte davantage les grands appartements (voir encadré).

Pour autant, cette tendance baissière n’a pas suffi à doper l’activité du marché parisien sur les trois premiers mois de l’année. Par rapport au premier trimestre 2014, les ventes d’appartements anciens n’ont progressé que de 2%, à 6.800 transactions. La faute notamment au retrait des investisseurs qui s’illustre à tous les étages : les acquisitions de chambres de services, traditionnellement dévolues aux investisseurs débutants et/ou modestes, sont ainsi en chute de 43% sur un an. Dans le même temps, les ventes d’immeubles entiers aux investisseurs chevronnés et plus fortunés plongent de 55%. Un phénomène lié, selon les notaires, au futur encadrement des loyers qui doit entrer en vigueur dans le courant de l’été.

Paris coupée en deux

Dans le détail, les notaires mettent en évidence le clivage entre l’est et l’ouest de Paris, à savoir que la capitale est désormais divisée en deux groupes d’arrondissements : ceux situés à l’Est affichent un prix moyen au mètre carré inférieur à 8.000 euros, à l’inverse des arrondissements plus huppés de l’Ouest qui figurent au-dessus de ce seuil.

La carte des prix immobiliers à Paris

« Les prix oscillent entre 5.970 euros le mètre carré dans le quartier de la Goutte d’Or (XVIIIème) et 12.810 euros à Odéon (VIème) », ajoutent les notaires. Ce quartier de la capitale affiche ainsi un prix 2,1 fois supérieur à celui du plus abordable. Un ratio qui s’est drastiquement réduit avec la baisse des prix puisqu’il était de 4,5 à fin 2010 entre Saint-Germain-des-Prés et la Goutte d’Or.

Hausse des prix saisonnière en vue

Pour les mois à venir, l’évolution des prix devrait être plus contrastée. Selon l’analyse des avant-contrats, le prix moyen au mètre carré devrait remonter très légèrement pour atteindre 7.950 euros d’ici juillet. Si cette hausse ne devrait pas bouleverser le marché parisien, d’autres facteurs devraient entrer en jeu à plus long terme, comme notamment l’évolution des taux de crédit immobilier. « Il va y avoir peut-être un changement d’attitude de tous ces acquéreurs qui attendent et cet afflux d’acquéreurs sur un marché qui est très faible va forcément avoir une incidence sur les prix », prévient Thierry Delesalle, notaire à Paris. Sous-entendu, si la demande d’appartements repart à la hausse, les prix pourraient suivre ce mouvement, même si les notaires se refusent à parler d’une augmentation, préférant évoquer une « résistance plus forte » à la baisse.

La baisse des prix à Paris par type de biens

Le recul des prix parisiens n’affecte pas tous les appartements de la même manière. Sur trois ans, le prix au mètre carré moyen d’un cinq pièces a ainsi perdu 9,7% pour se fixer à 8.320 euros. A l’inverse, les studios et deux pièces ont résisté jusqu’au deuxième semestre 2014, ne cédant respectivement que 2,2 et 2,5% (8.010 et 7.760 euros/m²). Enfin, les trois pièces (-5,7% à 7.820 euros/m²) ont davantage souffert que les quatre pièces (-4,3% à 8.350 euros/m²). « Le quatre pièces est un produit assez rare à Paris et ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un cinq pièces se reportent sur ces appartements », explique Thierry Delesalle. D’où une demande plus forte et une meilleure résistance des prix.

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