Immobilier neuf : retour massif des investisseurs en 2015


Les ventes de logements neufs aux investisseurs ont grimpé de 66,2% au premier semestre 2015 selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Grâce au dispositif Pinel, elles dépassent les achats de résidences principales pour la première fois depuis 2011, ces dernières peinant à décoller.  

La défiscalisation Pinel a trouvé son public

Près d’un an après son lancement, le succès du dispositif Pinel ne se discute plus. Avec 24.749 ventes enregistrées sur les six premiers mois de 2015, selon les chiffres présentés par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) jeudi 27 août, les achats d’investisseurs dans l’immobilier neuf ont augmenté de 66,2% par rapport au premier semestre 2014. Signe que la page du Duflot est tournée, les ventes d’investissements locatifs dépassent celles des résidences principales pour la première fois depuis 2011 et retrouvent un niveau similaire à celui observé à cette époque.

La location aux ascendants/descendants, « catalyseur » du Pinel

Outre l’avantage fiscal qu’il procure, le dispositif Pinel profite pleinement d’un atout dont ne disposait pas le Duflot, à savoir la faculté de louer à ses enfants ou à ses parents, véritable « catalyseur » du Pinel selon la nouvelle présidente de la FPI Alexandra François-Cuxac. « Depuis l’ouverture de la location aux ascendants/descendants, on a véritablement cette motivation chez les investisseurs. »

La fédération n’est pas en mesure de déterminer la part des nouveaux investisseurs qui envisagent d’y avoir recours. Mais la possibilité de louer à un enfant ou un parent rassure la clientèle qui se présente dans les bureaux de vente. « A partir du moment où l’on explique aux investisseurs qu’ils peuvent acheter pour loger leur enfant futur étudiant ou un de leurs parents, on sent qu’on touche à des valeurs essentielles de protection de la famille, de préparation de la retraite… » Autrement dit, on est loin de l’image du dispositif Duflot, perçu – parfois à tort – comme trop « social » et contraignant pour oser se lancer…

Les acheteurs de résidences principales pas au rendez-vous

Malgré ce regain de forme constaté du côté de l’investissement locatif, les promoteurs se refusent à parler d’une reprise. Les achats de résidences principales n’ont augmenté que de 5% au premier semestre (23.679 ventes), malgré des taux d’emprunt au plus bas, l’amélioration du prêt à taux zéro et l’élargissement du prêt à l’accession sociale. « Force est de constater que pour une grande majorité de clients, ce n’est pas suffisant », regrette la présidente de la FPI, même s’il convient de rappeler que les prix de l’immobilier neuf, stables mais élevés et plus chers que ceux de l’ancien, n’aident pas à convaincre.

Autre signe que l’immobilier neuf reste convalescent, l’offre commerciale peine à se renouveler et ne suit pas l’accélération des ventes. Les mises en vente de nouveaux logements progressent de 15% selon la FPI (52.501 logements), « rompant ainsi avec la tendance baissière initiée depuis 2013 ». La faute à un secteur de la construction en régression constante depuis maintenant deux ans. L’offre commerciale présentée aux acheteurs diminue ainsi de 1,4% au deuxième trimestre 2015, à 92.498 biens, ce qui représente 12,7 mois d’activité pour les promoteurs. « Il ne faudrait pas tomber en-dessous, car on se retrouverait alors en situation de pénurie », prévient Alexandra François-Cuxac. Ce qui entraînerait alors une hausse des prix peu à même d’attirer les accédants à la propriété…