Immobilier : Paris encore loin de Londres et New York


Les prix de l'immobilier ancien sont trois à quatre fois plus élevés dans le centre de Londres et à Manhattan que dans Paris intra-muros. Selon les agents immobiliers de la capitale, ce phénomène, encore plus flagrant sur les appartements de deux et trois pièces, s'explique avant tout par le rôle joué par les acquéreurs étrangers.  

Les prix de l'immobilier à Paris sont loin de ceux de Londres et New-York

Paris est trop chère pour vous ? Heureusement que vous ne cherchez pas à vous loger à Londres ou New York. C’est, en substance, le message délivré par la Fnaim Ile-de-France au détour d’une conférence de presse mardi 29 avril 2014. Selon les agents immobiliers parisiens, les prix médians* dans les mégalopoles anglo-saxonnes atteignent 1,708 million d’euros dans le centre londonien et 1,350 million à Manhattan. Des sommes astronomiques, trois à quatre fois supérieures aux 413.820 euros déboursés dans Paris intra-muros.

L’écart s’agrandit lorsque l’on se concentre sur « le cœur de marché », c’est-à-dire les appartements de deux et trois pièces, comme l’explique le vice-président de la Fnaim Ile-de-France Pierre-Antoine Menez. Ce type de biens représente en effet la majorité des logements existants dans les trois métropoles ainsi que plus de 70% des ventes. Dans la Ville Lumière, il faut compter sur un prix médian de 280.000 euros pour un deux pièces et 410.000 euros pour un trois pièces. A Manhattan en revanche, le budget d’acquisition augmente de 70%, avec des prix fixés respectivement à 475.000 et 700.000 euros. Le centre de Londres est encore plus exclusif : le deux pièces se vend 625.000 euros, soit près de 125% plus cher qu’à Paris. Le trois pièces dépasse quant à lui le million d’euros (1,1 million).

L’attractivité internationale a un coût

Pour expliquer ces différences significatives entre Paris et ses consœurs anglo-saxonnes, la Fnaim Ile-de-France met en avant le rôle des acquéreurs étrangers. D’ailleurs, les acheteurs étrangers n’ont jamais été aussi présents à Paris, selon les notaires de la capitale : ils représentaient 8,3% des acquéreurs en 2014. Loin, très loin des 21% constatés à New York et 75% observés dans le centre de Londres. Selon les agents immobiliers, cette différence permet d’expliquer les écarts de prix des logements, plus que la densité urbaine – elle est près de deux fois moins conséquente dans le centre de Londres qu’à Paris – ou les niveaux de salaires plus importants dans les métropoles anglo-saxonnes.

Reste que les chiffres ne permettent pas de saisir toutes les réalités de ces trois marchés immobiliers. Par exemple, l’association Transparency International a publié un rapport** début mars 2015 dénonçant le blanchiment d’argent via l’immobilier de luxe londonien. Une activité conséquente – plus de 40.000 propriétés londoniennes sont détenues via une société enregistrée dans un paradis fiscal – qui influence fortement l’évolution des prix dans la capitale britannique. Un exemple parmi d’autres qui rappelle la difficulté de comparer les marchés immobiliers des métropoles internationales.

*Le prix médian sépare l’ensemble des transactions en deux groupes égaux. Il ne s’agit pas d’une moyenne des prix de vente.
**La présentation de l’enquête en anglais est disponible à cette adresse. Un article du journal Le Monde publié le 4 mars en reprend les principaux éléments.

Le Grand Paris, futur facteur de hausse des prix ?

En marge de cette comparaison des marchés immobiliers parisien, londonien et new-yorkais, la Fnaim Ile-de-France a expliqué qu’elle envisage une hausse des prix dans Paris intra-muros en lien avec la mise en place du Grand Paris. « On pense sincèrement que les prix vont augmenter, explique Pierre-Antoine Menez. La métropole de 630 kilomètres carrés va sanctuariser Paris intra-muros et il va falloir faire des efforts pour que les prix ne gonflent pas parce qu’on est sur une zone extrêmement tonique dans une très grande zone économique. » Autre conséquence possible, et attendue : la hausse des prix en bordure de la capitale, notamment dans les villes desservies par les nouveaux réseaux de transports.

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