Immobilier : vraie reprise ou simple rattrapage ?


Les prix restent orientés à la hausse dans la plupart des grandes villes en début d'année 2016 mais la dynamique du marché immobilier reste incertaine. La hausse des ventes constatée en 2015 pourrait relever davantage d'un effet de rattrapage que d'une véritable reprise.

Le marché immobilier cherche toujours sa dynamique

Attention à l’excès d’optimisme. Entre les taux d’emprunt au plus bas, des acheteurs plus actifs et des prix en légère hausse, il n’est pas difficile de voir l’évolution du marché immobilier sous un jour favorable. Sur la question des prix, le baromètre du portail Meilleursagents.com de janvier 2016 publié mardi 2 février 2016 montre d’ailleurs qu’ils continuent de progresser en début d’année dans la plupart des grandes métropoles.

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Moins de transactions en 2016 ?

Mais tous les indicateurs ne sont pas au beau fixe. Depuis la rentrée de septembre 2015, la demande de logements, mesurée par le portail à l’aide de l’indicateur de tension immobilière (ITI), s’est calmée, l’ITI ayant « même régressé à Paris et à Nantes », d’après le président de Meilleursagents.com Sébastien de Lafond. Pourtant, les taux de crédit immobilier sont repartis à la baisse depuis, ce qui aurait pu relancer davantage le marché. Pour Sébastien de Lafond, « cette absence de dynamique s’explique par des conditions économiques et macroéconomiques défavorables autant que par un climat social difficile ». « Il ne peut y avoir de reprise durable du marché immobilier sans baisse du chômage », prévient-il.

Autre élément peu enclin à laisser présager une reprise durable, l’année 2015 a été marquée par un effet de rattrapage. L’exercice 2014 avait en effet été ralenti par l’alourdissement des procédures en copropriétés (allégées depuis) et la colère des notaires face à la réforme de leur profession inscrite dans la loi Macron. Résultat, la progression des ventes pourrait se tasser cette année. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) prévoit même un reflux des transactions : selon le syndicat, elles devraient retomber d’environ 800.000 en 2015 à 750.000 en 2016, la faute aux prix haussiers et à une légère remontée des taux sur la deuxième moitié de l’année, prédite notamment par le courtier en crédit Cafpi.

Le PTZ dans l’ancien ne suffira pas

Et pour certains vendeurs, la fameuse reprise pourrait rester un mirage. Comme le note le président de la Fnaim Jean-François Buet, « il y a les biens qui se vendent et ceux qui ne se vendent pas, comme les grands logements ou les maisons à l’extérieur des villes ». Pour ces types de biens, l’offre et la demande peinent encore à se rencontrer et les négociations restent ardues. L’amélioration et l’extension du prêt à taux zéro (PTZ) dans l’ancien, sous conditions de travaux, pourraient contribuer à fluidifier ce segment de marché. Mais si la prévision de certains professionnels de l’immobilier se vérifie et que seuls 10.000 primo-accédants en profitent en 2016, cette aide à l’accession à la propriété ne suffira pas, loin s’en faut, à redynamiser le marché immobilier.