Impôts locaux : jusqu’à 3 mensualités de crédit par an


Le poids des impôts locaux représente jusqu'à près de trois mensualités de remboursement de crédit immobilier à Marseille et Montpellier, selon une étude du courtier Meilleurtaux.com. La plupart des grandes villes connaissent un phénomène similaire, la fiscalité locale pesant toutefois moins sur les Parisiens.  

Les impôts locaux pèsent jusqu’à 3 mensualités de crédit immobilier par an

Devenir propriétaire, ce n’est pas seulement trouver un logement et s’installer. Les propriétaires le savent bien : détenir sa résidence principale coûte cher, qu’il s’agisse des mensualités de remboursement de l’emprunt ou encore des impôts locaux, et en particulier la taxe foncière, acquittée par les seuls propriétaires. Dans une étude dévoilée lundi 15 juin 2015*, le courtier Meilleurtaux.com rapproche ces deux postes de dépenses et rapporte le poids des impôts locaux à la charge financière du remboursement d’un crédit immobilier dans les dix plus grandes villes de France. Avec des résultats peu enthousiasmants pour les aspirants propriétaires…

Les capitales régionales du Sud et de l’Ouest coûtent cher

A ce petit jeu, Marseille et Montpellier figurent en tête du palmarès des impôts locaux les plus lourds, puisque les propriétaires y acquittent 2,8 mensualités supplémentaires par an en moyenne pour détenir un logement de 70 mètres carrés. Traduction, la taxe d’habitation et la taxe foncière coûtent aussi cher que 2,8 mensualités de remboursement. A Marseille, une telle charge augmente la mensualité moyenne de 182 euros, contre 214 euros à Montpellier. En prenant en compte cette fiscalité, Meilleurtaux.com estime que le taux d’intérêt de l’emprunt passe de 2,15 à 4,50% dans les deux cas.

Toulouse, où la fiscalité locale est équivalente à 2,2 mensualités supplémentaires par an, complète ce podium à égalité avec Nantes. Si la « mensualité fiscale » pèse davantage près de la façade Atlantique (172 euros, contre 166 à Toulouse), le taux d’intérêt fiscalité incluse est plus important pour les emprunteurs de la Ville Rose (4,10%, contre 4,05% à Nantes). Bordeaux suit ses voisines de près, puisque les impôts locaux sont équivalents à 2,1 mensualités de plus par an, soit 196 euros supplémentaires par mois. Une telle charge financière porte le taux d’emprunt de 2,18 à 3,95%, fiscalité incluse.

Exception parisienne

Les acquéreurs dans les autres grandes villes de France n’échappent pas non plus à ce phénomène. A Strasbourg, le poids des impôts locaux est similaire au remboursement de 1,9 mensualité supplémentaire ou d’une « mensualité fiscale » de 140 euros. Lille et Nice prennent la suite du classement : les emprunteurs supportent l’équivalent de 1,5 mensualité au titre des impôts locaux, soit un peu plus qu’à Lyon (1,2 mensualité). Lille et Lyon affichent toutefois une surcharge financière mensuelle moins élevée que Nice (132 et 137 euros respectivement, contre 170 euros à Nice).

Enfin, et contrairement aux habitudes, Paris ferme la marche. La charge financière pour les propriétaires parisiens est bien moins élevée (0,5 mensualité) « grâce au double effet cumulé d’une mensualité nettement plus élevée pour la même surface [du fait de prix de l’immobilier plus élevés, NDLR] et d’une fiscalité locale particulièrement basse », selon Meilleurtaux.com. Pas de quoi redonner le sourire aux emprunteurs parisiens, dont la mensualité moyenne hors fiscalité pour l’achat d’un 70 mètres carrés atteint… 3.058 euros, soit plus du double que dans n’importe quelle métropole régionale.

*Dans cette étude, le cas étudié est celui de l’achat d’un logement de 70 mètres carrés à l’aide d’un emprunt sur 20 ans. Les références en termes d’impôts locaux ont été prises auprès du forum pour la gestion des villes, les taxes ayant été établies en prenant le cas d’un couple avec deux enfants. Les références de taux de crédit sont fournies par Meilleurtaux.com et les niveaux de prix par SeLoger.com.

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