Kaufman & Broad : un marché du logement neuf « à double vitesse »


Après une année contrastée entre un marché parisien en croissance et une chute des ventes en province, le promoteur immobilier Kaufman & Broad s'attend à une année 2013 similaire à 2012 et veut faire baisser le prix des terrains constructibles.

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Plus que jamais, la France du logement neuf se sépare en deux marchés : la région parisienne et la Province. C’est en tout cas le constat tiré par le promoteur immobilier Kaufman & Broad, qui a publié ses résultats pour 2012 jeudi 24 janvier.

« Environnement économique, fiscal et social compliqué »

En Ile-de-France, qui représente 45% du chiffre d’affaires du promoteur, les ventes augmentent de 15%, ce qui n’est pas une surprise pour Guy Nafilyan, président-directeur général de Kaufman & Broad, qui souligne qu’en 40 ans, « nous n’y avons jamais perdu d’argent ». A l’inverse, en Province, où le promoteur se concentre sur les grandes villes, l’activité chute de 28% et en définitive, les ventes baissent globalement de 14%, avec 5.648 logements neufs vendus. Une performance plus que respectable compte tenu d’un marché du logement neuf particulièrement contracté en 2012 : selon les estimations de Kaufman & Broad, la chute de l’activité pour l’ensemble du secteur devrait s’inscrire aux alentours de 30%.

L’activité en 2013 devrait se situer dans les mêmes eaux qu’en 2012, Kaufman & Broad anticipant la construction de 5.800 logements neufs, pour un total de 100 programmes immobiliers, ce malgré «un environnement économique, fiscal et social compliqué », comme l’a expliqué Guy Nafilyan sur l’antenne de Radio Classique. Le promoteur anticipe moins de 70.000 mises en chantier de logements en 2013.

Chute de l’investissement locatif

Dans le détail, les ventes aux bailleurs sociaux ont soutenu l’activité du promoteur (+44%). En revanche, le bât blesse au niveau de l’investissement locatif, en baisse de 38%. La faute à un dispositif Scellier moins avantageux en 2012, avec une réduction d’impôt limitée à 13%, et à un dispositif Duflot complexe et difficile à évaluer en termes de rentabilité. A ce sujet, Guy Nafilyan précise que le promoteur a vendu « 30 ou 40 Duflot » en janvier 2013 et souligne qu’il est encore trop tôt pour déterminer son impact sur le marché. Il souhaite cependant continuer à développer cette offre, ainsi que « des logements destinés aux premiers acquéreurs qui bénéficient du nouveau ‘Prêt à taux zéro Plus’ », recentré sur une clientèle plus modeste.

Faire baisser le prix du foncier

Par ailleurs, le PDG de Kaufman & Broad a expliqué son intention de peser sur une baisse des prix des terrains constructibles, afin de continuer à faire baisser les prix de ses logements neufs en 2013. En 2012, il estime que le recul des prix des logements vendus aux particuliers a été « de l’ordre de 3 à 4% » pour un prix de vente moyen à 199.700 euros. Pour diminuer le coût du foncier, le promoteur compte « renégocier certaines promesses de vente anciennes qui sont jugées trop chères et les renégocier pour avoir des prix conformes au prix du marché ».

La question du coût des terrains constructibles devrait être centrale en 2013, alors que l’objectif fixé par François Hollande de construire 500.000 logements neufs par an, dont 150.000 logement sociaux, devrait rester à l’état de voeu pieux. Selon le promoteur immobilier Nexity, la construction de logements neufs devraient se maintenir à un niveau similaire à celui connu en 2012, à savoir 300.000 logements. De son côté, le président du syndicat des aménageurs et lotisseurs (Snal) Roger Bélier a exprimé, en marge de ses vœux à la presse, ses inquiétudes sur la rareté des terrains à bâtir, qui devrait maintenir les prix à un niveau élevé, ainsi que sur une fiscalité qu’il juge « punitive ».

 

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