L’immobilier de prestige français retrouve son éclat


Les acheteurs fortunés reviennent sur le marché de l'immobilier haut de gamme en 2015, selon une étude du portail d'annonces spécialisé Lux-Residence.com. Les projets d'investissement locatif sont plus nombreux, « une véritable tendance de fond » pour le réseau Coldwell Banker.  

La clientèle fortunée revient vers l'immobilier de luxe

Le marché de l’immobilier de prestige va mieux, merci pour lui. Après deux années 2013 et 2014 compliquées, les intentions d’achat et d’investissement dans le haut de gamme repartent à la hausse en 2015, selon une étude du portail d’annonces immobilières Lux-Residence.com diffusée jeudi 4 juin 2015.

Près de trois sondés sur quatre (73%) ayant un projet immobilier prestigieux à mener dans les deux ans pensent ainsi que le moment est opportun pour acheter, contre 69% en 2014 et 57% en 2013. « Ce que l’étude montre, nous le constatons dans le discours des acheteurs, appuie Laurent Demeure, président du réseau Coldwell Banker France & Monaco. Nous sommes revenus dans l’optimisme. » Témoin de cet engouement retrouvé pour la pierre de qualité, les intentions d’achat sur la Côte d’Azur augmentent significativement, de 35 à 42%, après une année 2014 très faible. « Je pense que l’été va être très bon pour les agents immobiliers de la Côte d’Azur », prédit d’ailleurs le dirigeant du leader mondial de l’immobilier de prestige.

Le prix compte moins que la vue

Outre une perception plus positive de l’avenir économique de la France – seuls 26% des sondés anticipent une dégradation, contre 72% en 2013 –, ce regain d’optimisme s’explique par la baisse des prix immobiliers. « L’étude précédente anticipait une demande forte pour acheter en 2015, à condition que les prix s’ajustent. Avec le recul des cinq premiers mois de l’année, les prix ont commencé à fortement s’ajuster et donc les acquéreurs sont très confiants dans leur possibilité d’acheter. »

Pour autant, pas question de payer une surcote : 90% des sondés disent négocier les prix de vente, en grande partie parce qu’ils pensent qu’ils ne sont pas réalistes (72% des répondants). « Les biens sont toujours affichés à des prix au-dessus de leur valeur. C’est traditionnel et plus on monte dans les gammes de prix, plus les écarts sont importants », rappelle Laurent Demeure. Néanmoins, le prix n’est que le sixième critère le plus important aux yeux des acquéreurs d’immobilier de luxe. Cité par 45% des sondés, le niveau des prix vient après le coup de cœur, la surface, la qualité du bâti, l’environnement du bien et surtout la vue, citée par 62% des acquéreurs potentiels.

Les investisseurs de retour

Quand il s’agit d’acheter, cette clientèle fortunée (60% des répondants gagnent plus de 160.000 euros par an) ne pense pas qu’à une résidence principale ou secondaire. 23% des interrogés envisagent ainsi un investissement patrimonial ou locatif, contre seulement 13% en 2014. « En 2013, 2014, l’investissement locatif avait fortement chuté, la loi Alur sur le logement avait contribué à créer un climat anxiogène. Début 2015, on revoit les investisseurs sur le marché : le climat anxiogène est derrière, c’est une véritable tendance de fond », souligne Laurent Demeure.

En cause, la faiblesse des rendements de l’épargne et la baisse des prix, notamment à Paris où ils sont loin d’atteindre les sommets de Londres et New-York. « L’immobilier retrouve de l’attractivité sur sa rentabilité, comme les prix se sont assagis », note le président de Caldwell Banker France & Monaco. Autre point important pour les investisseurs étrangers, les Anglo-saxons ont profité à plein de la dépréciation de l’euro, tandis que les Russes sont revenus au cours du deuxième trimestre, « le rouble ayant retrouvé son cours normal ». En revanche, les Brésiliens (récession) et les ressortissants des pays producteurs de pétrole (chute du cours de l’or noir) ont disparu du marché.