L’immobilier encore convalescent, les prix pourraient continuer à baisser


A rebours d'une partie des professionnels de l'immobilier, le portail Meilleursagents.com envisage une reprise plus fragile qu'espérée en 2016. En cause notamment, un reflux de la demande dans plusieurs grandes villes depuis septembre. Sous réserve de taux de crédit stables, la baisse des prix pourrait ainsi continuer.

Une reprise moins forte que prévu pourrait permettre la poursuite de la baisse des prix

Attention à ne pas s’emballer trop vite. Alors que plusieurs acteurs de l’immobilier annoncent une belle reprise du marché immobilier en 2016, le portail Meilleursagents.com a tenu à tempérer leurs prévisions lors de la présentation de son bilan de marché jeudi 14 janvier 2016. « Quand j’entends qu’il y a une forte reprise, quand j’entends que le marché est à nouveau fluide, je ne suis pas d’accord », martèle le président de Meilleursagents.com, Sébastien de Lafond.

Les conditions sont favorables à l’achat…

En dépit de la hausse des ventes (+7% sur un an à fin octobre), les statistiques officielles comptabilisent seulement 2,7 ventes pour 100 ménages en 2015, loin des niveaux connus entre 2001 et 2007 (environ 3,3 transactions pour 100 ménages). « Pour retrouver la lisibilité qu’on a connue entre 2001 et 2007, il faudrait 140.000 transactions en plus », analyse-t-il.

Pourtant, les prix ont bien baissé en 2015 dans les plus grandes villes françaises, notamment Lille (-3,7%), Marseille (-2,3%), Paris (-1,9%) et Lyon (-1,5%). Seule Nantes se distingue véritablement, avec une hausse de 3,2%. De plus, les taux de crédit immobilier se maintiennent à bas niveau et les banques sont prêteuses en ce début d’année, avec des marges suffisantes pour se permettre « de mettre le paquet et de baisser beaucoup les taux » pour les meilleurs dossiers. Autant dire que les conditions semblent réunies pour faciliter l’achat immobilier.

… mais la demande s’affaisse

Pour expliquer sa position, Meilleursagents.com met en avant son indicateur de tension immobilière (ITI), qui permet de mesurer le dynamisme de la demande en confrontant le nombre d’acheteurs actifs à celui des vendeurs et d’anticiper l’évolution des prix*. Depuis septembre, il ne progresse plus ou très faiblement dans la plupart des grandes villes et ne parvient pas à dépasser le ratio de deux acheteurs pour un vendeur. Une tendance difficile à expliquer simplement, le site évoquant une conjonction d’éléments divers, comme un moindre appétit des banques sur la fin d’année dernière, leurs objectifs commerciaux ayant été atteints, un chômage qui ne recule toujours pas ou encore l’anxiété consécutive aux attentats du 13 novembre. « Les acheteurs ont besoin d’avoir confiance en l’avenir et un minimum de lisibilité et il faut dire que le contexte des derniers mois n’y a pas contribué », résume Sébastien de Lafond, pour qui la fin de la hausse du chômage reste « la clé de tout ».

Résultat, Meilleursagents.com parie sur une poursuite de la baisse des prix en 2016, et non sa fin, une prédiction basée sur une stabilité des taux d’emprunt et une faible progression de la demande, malgré « l’ouverture plus généralisée du robinet du crédit ». « La reprise, que nous-mêmes nous anticipions, sera probablement plus molle, plus lente que ce que nous espérions », déplore son président. Lille et Marseille pourraient notamment voir leurs prix chuter de 3 à 5%. A l’opposé, ils pourraient remonter à Bordeaux, Lyon et Nantes.

L'évolution des prix immobiliers en 2015 et les prévisions 2016 de Meilleursagents.com

*Baisse des prix en-dessous de deux acheteurs pour un vendeur, stabilité des prix entre deux à trois acheteurs pour un vendeur, hausse des prix au-delà de trois acheteurs pour un vendeur.