L’immobilier neuf s’enfonce dans la dépression


Le marché de l'immobilier neuf connaît une année 2013 particulièrement difficile. Les ventes de logements neufs sont en berne et il est difficile d'envisager un rebond compte tenu de la baisse des permis de construire accordés. La baisse des prix reste limitée.

Immeuble de logements neufs en région parisienne

2013 sera à oublier pour les acteurs de l’immobilier neuf, comme 2012 du reste. Selon les statistiques de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) dévoilées jeudi 14 novembre 2013, les ventes de logements neufs aux particuliers se situent à un niveau particulièrement faible.

57.295 logements vendus au détail ont trouvé preneur sur les 9 premiers mois de 2013, un total à peine supérieur à celui constaté en 2012 (+3,8%) et surtout très en deçà des niveaux de 2011 (-19,1%) et 2010 (-31%). Le seul troisième trimestre 2013 représente « le plus bas niveau de vente depuis 2010 », affirme Alexandra François-Cuxac, présidente de l’Observatoire de la FPI. Et cette tendance globale masque des disparités régionales importantes : en Auvergne et en Bretagne, les ventes aux particuliers chutent ainsi de plus de 30% sur un an.

Les mises en vente baisseront en 2014

Les ventes en accession à la propriété (59% du marché) comme celles auprès d’investisseurs individuels sont en berne. Le regain habituellement constaté au troisième trimestre ne s’est pas produit, après un deuxième trimestre pourtant orienté à la hausse. « Habituellement, à la rentrée de septembre, les promoteurs lancent de nouveaux programmes. Cette dynamique n’a pas eu lieu cette année », constate le président de la FPI François Payelle. Et alors que la fin d’année est « traditionnellement une période forte » de ventes aux particuliers à la recherche d’un investissement immobilier défiscalisant, 2013 pourrait déroger à cette règle.

Signe qui ne trompe pas, l’offre commerciale globale* (92.330 logements) a légèrement baissé d’un trimestre à l’autre. « C’est la première fois depuis longtemps que l’offre à la fin du troisième trimestre est inférieure à celle du deuxième trimestre », avance François Payelle. Si le stock de logements construits n’ayant pas été achetés reste limité à 7,3% de l’offre globale, soit 6.745 logements, il a pratiquement doublé depuis le début de l’année 2012.

Surtout, il est difficile d’envisager une reprise à court ou moyen terme. Outre la question des ventes aux investisseurs, la diminution constante du nombre de permis de construire délivrés se traduira nécessairement par moins de logements mis en vente en 2014. Une tendance particulièrement inquiétante alors que les mises en vente sont déjà en chute de 18,9% sur les 9 premiers mois de 2013 par rapport à 2012.

Pas d’évolution notable des prix à venir

La tendance n’est pas particulièrement plus enthousiasmante en matière de prix. Sur un an, le prix moyen au mètre carré en Ile-de-France fléchit de 1%, à 4.681 euros. Les prix des logements neufs vendus en région francilienne ont cependant retrouvé le même niveau qu’en début d’année 2013, suite à une légère remontée après le deuxième trimestre.

En province, les prix se situent en moyenne à 3.677 euros du mètre carré, en baisse de 1,9% sur un an. Alexandra François-Cuxac confirme « un effritement des prix au troisième trimestre » mais souligne qu’ « il ne faut pas attendre grand-chose dans les mois à venir » en la matière. La faute aux difficultés rencontrées par les promoteurs pour faire baisser les prix de production des logements, notamment en raison des coûts élevés des terrains constructibles.

*Logements en pré commercialisation, en cours de construction et stock de logements construits.