La baisse des prix immobiliers ralentie par la reprise des ventes


La baisse des prix des logements anciens se termine selon plusieurs réseaux d'agences immobilières. Les prix devraient se stabiliser d'ici la fin de l'année, sous l'effet de la reprise des ventes. Parallèlement, les investissements en immobilier locatif ne décollent pas.  

Les ventes augmentent, les prix se stabilisent pour éventuellement remonter

La correction des prix de l’immobilier ancien touche à sa fin. C’est en tout cas ce qu’affirment les réseaux d’agences immobilières Century 21 et Guy Hoquet, dans leurs analyses respectives du marché au troisième trimestre 2015. Les deux acteurs tablent ainsi sur une stabilisation des prix d’ici la fin de cette année. Après quoi, ils pourraient même repartir à la hausse sous la pression de la demande, comme l’avait évoqué le portail Meilleursagents.com début septembre.

Concrètement, les deux franchises affirment que la diminution des prix a déjà commencé à ralentir. Guy Hoquet note que le prix des appartements a fléchi de 1,5% au cours du troisième trimestre, une baisse moins rapide que celle observée sur un an (-2,3%). Même constat chez Century 21 : « Le recul des prix au niveau national n’est plus que de 1,1% entre le troisième trimestre 2014 et le troisième trimestre 2015 », contre 2,6% sur les six premiers mois de l’année. En Ile-de-France, les prix sont même déjà orientés à la hausse sur la période juillet-septembre dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis. Ils progressent également dans plusieurs régions, comme l’Alsace, les Pays-de-la-Loire ainsi que les régions PACA et Rhône-Alpes.

Davantage de premiers achats mais pas d’investissement

Cette tension sur les prix est alimentée par le dynamisme du marché. Guy Hoquet met ainsi en avant une hausse de 11% de ses ventes de logements anciens au troisième trimestre par rapport à l’an dernier. En guise d’explications, les professionnels pointent les taux de crédit immobilier restés attractifs mais pas seulement. Pour Century 21, la demande est soutenue par « le retour des propriétaires qui avaient jusqu’alors repoussé leur opération d’achat-revente et qui mettent désormais leurs projet à exécution ». Guy Hoquet insiste pour sa part sur la progression des premiers achats immobiliers, la part des clients primo-accédants se fixant à 36% au troisième trimestre, contre 31% en 2014.

A l’inverse, les achats d’investisseurs ne repartent pas. Selon Guy Hoquet, ils devraient représenter 11% des acquéreurs en 2015, un niveau équivalent à celui relevé en 2014 et loin des 18% observés en 2011. Et le phénomène pourrait bien se prolonger, le réseau mettant en avant l’incertitude qui pèse sur les aides au logement, dont la réforme a été présentée par le gouvernement dans le cadre du projet de Budget pour 2016. Si les mesures prévues pour le moment ne doivent toucher qu’un public limité, le fait de modifier les APL ajoute un doute supplémentaire sur les perspectives de rentabilité locative et la capacité des locataires à être solvables. « Je ne pense pas qu’il y aura de rupture brutale mais ce qui a été fait cette année risque de se répéter progressivement. On va grignoter les aides au logement, et qui dit grignotage des aides, dit renforcement de la baisse des loyers », résume Benjamin Nicaise, président de la plateforme d’investissement dans l’immobilier géré Cerenicimo.