La garantie Multiloc pour les propriétaires parisiens fait ses premiers pas


La maire de Paris Anne Hidalgo a lancé la première convention « Multiloc » avec une agence immobilière et un propriétaire vendredi 16 octobre 2015. Le dispositif, qui allie garantie et aide à la réalisation de travaux pour le bailleur et loyer modéré pour le locataire, doit permettre de réduire le nombre de biens non loués dans la capitale.  

La mairie de Paris a lancé officiellement le dispositif Multiloc pour les propriétaires parisiens

« Un dispositif gagnant-gagnant. » C’est l’expression qui était sur toutes les lèvres vendredi 16 octobre 2015 lors du lancement officiel de la garantie « Multiloc » pour les propriétaires de logements parisiens.

Accompagnée de son adjoint en charge du logement Ian Brossat, la maire de Paris Anne Hidalgo a signé la première convention « Multiloc » avec une agence immobilière du réseau L’Adresse rue de la Pompe, dans le XVIème arrondissement. L’heureux premier bailleur à profiter de ce coup de pouce a également apposer sa signature sur les documents. « Après des années de location, je souhaitais mettre mon bien en vente, surtout avec l’incertitude de l’encadrement des loyers, et puis l’agence immobilière m’a parlé de « Multiloc ». J’ai été convaincu de remettre en location mon studio », raconte Philippe Paltz, le propriétaire.

Qu’est-ce que le dispositif « Multiloc » ?

Son objectif est simple : réduire le taux de vacance élevé dans la capitale. Selon Ian Brossat, « entre 50.000 et 100.000 biens » sont concernés dans une ville où les particuliers peinent à se loger. « Nous avons tous dans nos agences des appartements non loués car ne correspondant pas aux normes et aux critères des locataires faute de travaux réalisés souvent par manque de moyens », renchérit Gilles Ricours de Bourgies, président de la Fnaim du Grand Paris. « Multiloc » doit ainsi permettre aux jeunes actifs de classe moyenne, dont les revenus sont trop élevés pour prétendre au logement social, d’accéder au logement dans le parc privé tout en accompagnant et sécurisant le propriétaire.

« La politique de la ville était jusqu’ici plutôt axée sur la production de logements neufs. Mais la demande reste forte et ce n’est pas normal que de jeunes actifs ne parviennent pas à se loger ou qu’une part impressionnante de leurs ressources y passe. Avec « Multiloc », nous visons ces jeunes issus des classes moyennes et donc de petites surfaces. C’est un dispositif pragmatique et applicable », appuie Anne Hidalgo.

Jusqu’à 10.000 euros d’aides financières

Concrètement, en contrepartie d’aides financières réparties sur plusieurs postes, le propriétaire s’engage à louer son bien au moins 20% en-deçà du loyer médian pratiqué dans le quartier. « C’est un dispositif très souple sur lequel nous avons travaillé en commun avec la mairie de Paris. Il n’existe pas une prime mais une combinaison de primes possibles en fonction de la situation du bailleur, explique le président de la Fnaim du Grand Paris. Le risque d’un dispositif trop rigide aurait été qu’il n’y ait que peu de cas éligibles. »

Dans le détail, le propriétaire reçoit d’office 2.000 euros comme prime d’entrée puis des aides allant de 2.500 à 10.000 euros pour la réalisation de gros travaux de remise en état, de mise aux normes et d’embellissement. Parallèlement, une surprime est attribuée en cas d’amélioration du diagnostic de performance énergétique (DPE). En dehors des travaux, la mairie de Paris prend également une partie de la cotisation à la garantie des risques locatifs. « Pour le propriétaire, c’est la possibilité de restaurer son patrimoine. Pour le locataire, d’emménager dans un appartement décent et dans ses moyens », résume Brice Cardi, PDG du réseau immobilier L’Adresse.

Loyer abaissé de plus de 100 euros

Pour le premier bailleur à participer à l’opération, « tout s’équilibre : les frais d’agence, les travaux, l’accompagnement et le loyer modéré ». En effet, la totalité du coût des travaux sera prise en charge par la mairie de la capitale, à savoir 2.000 euros pour l’embellissement, 7.000 euros pour le gros œuvre et peut-être une surprime de 1.000 euros pour la rénovation énergétique. A noter que le bailleur est libre de choisir les artisans. Par ailleurs, l’argument « sécurité » a fait mouche auprès de Philippe Paltz. « Les propriétaires sont frileux principalement sur l’encaissement des loyers. Avec « Multiloc », je suis accompagné par l’agence immobilière et assuré de toucher les loyers. » Les futurs locataires s’acquitteront ainsi d’un loyer d’environ 385 euros au lieu de 520 euros pour un studio de 16 m² (loi Carrez) dans le XVIème arrondissement.

A la question du nombre de logements visés, la maire de Paris répond : « C’est une belle aventure qui commence. Le plus possible ! »

Le rôle des agences immobilières

Il faut savoir que « Multiloc » fonctionne exclusivement avec des agences immobilières. Ces dernières sont chargées de trouver des propriétaires (logement de 14m² minimum), des locataires qui respectent les conditions de revenus et de gérer le bien. Chaque agent touchera 1.000 à 1.200 euros par dossier. Pour le propriétaire, cela implique forcément de donner son bien en gestion et donc de prévoir des frais d’agence. La Fnaim a déjà fait savoir que « 689 agences adhérentes de la Fédération » proposeront « Multiloc » dès lundi 19 octobre. Par ailleurs, un numéro vert sera mis en place « début novembre » selon le service communication de la Ville de Paris pour aiguiller locataires et propriétaires intéressés vers une liste d’agences « Multiloc » de leur quartier.