La hausse du patrimoine des Français freinée par le tassement de l’immobilier


Les Français ont vu leur patrimoine augmenter de 4,1% en 2011 selon l'Insee. A 10.411 milliards d'euros, il a toutefois moins grossi qu'en 2010 (+8,1%), principalement en raison de « la décélération des prix des terrains ». La baisse de la Bourse n'est pas non plus étrangère à cette tendance.

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La hausse du patrimoine économique des Français s’est ralentie en 2011 selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Avec une valeur nette (actifs-passifs) de 10.411 milliards d’euros, il s’est accru de 4,1%, soit deux fois moins qu’en 2010 où cette augmentation avait atteint 8,1%.

Cette croissance du patrimoine au ralenti, l’Insee explique principalement par le ralentissement de la hausse du prix des terrains. « Le patrimoine économique des ménages est constitué à 74 % d’actifs non financiers, immobiliers pour l’essentiel (70 %) », précise l’Institut. Or, la revalorisation de ces emplacements en 2011 ne soutient pas, et de loin, la comparaison avec les exercices précédents. A 3.524 milliards d’euros, la valeur des terrains ne s’apprécie que de 3,4% sur cette année, contre une hausse de 14,3% entre 2009 et 2010 et une croissance annuelle moyenne de 16,3% entre 1999 et 2009. La hausse bien plus significative du patrimoine bâti des Français (maisons et appartements), « qui tient à la forte hausse de l’indice du coût de la construction », de 9,2% à 3.563 milliards (+4,5% en 2010 et +6,2% en moyenne entre 1999 et 2009) ne suffit pas à compenser la moindre revalorisation des terrains. Au total, le patrimoine non financier des ménages s’accroît de 6% en 2011 après une hausse de 8,9 % en 2010.

Patrimoine financier plombé par la Bourse

Représentatif de 26% du patrimoine total des Français, le patrimoine financier des ménages baisse de 0,8% à 2.699 milliards d’euros. Principal facteur d’explication, la chute de 7,6% des avoirs des ménages en actions et titres d’OPCVM (Organisme de placement collectif en valeurs mobilières), qui tombe à 906 milliards d’euros. « Ce recul résulte principalement de l’évolution défavorable des marchés boursiers (l’indice CAC 40 baisse de 20,8 % en 2011), qui pèse sur les encours et décourage les nouveaux placements », analyse l’Insee.

Loin de contrebalancer la baisse des avoirs en actions et titres d’OPCVM dans le patrimoine financier, l’encours de l’assurance-vie ne progresse que de 1,5% en 2011 contre 7,4% en 2010 et 7,7% par an sur la période 1999-2010. Il demeure tout de même le premier placement financier des ménages avec un encours évalué à 1.430 milliards d’euros fin 2011. « Cette décélération est liée à la fois à la diminution des souscriptions nettes de contrats d’assurance-vie (34 milliards d’euros en 2011, après 86,5 en 2010), à la baisse régulière de leur rendement depuis la mi-2009 et aux moins-values enregistrées sur les contrats en unités de compte en 2011 », détaille l’Insee.

La hausse du taux du Livret A encourage les dépôts

Face à des résultats décevants sur les contrats d’assurance vie et les actions, les ménages ont privilégié les placements sûrs. A l’image du Livret A, dont le taux de rémunération a été relevé par deux fois en 2011, à 2% tout d’abord en février puis à 2,25% en août. Ces rendements défiscalisés alléchants ont fait boule de neige avec les autres livrets bancaires, explique par ailleurs l’Insee. « Ces hausses, répercutées sur les taux des livrets soumis à l’impôt, ont pour effet d’en dynamiser également la collecte. » Conséquence : l’encours de numéraire et dépôts des ménages a atteint 1.213 milliards d’euros à fin 2011, en hausse de 5,5% contre une augmentation annuelle de 3% entre 1999 et 2009.

 

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