La maison individuelle, un choix de vie coûteux en Ile-de-France


Les acheteurs franciliens n'évaluent pas bien les dépenses énergétiques liées à l'acquisition d'une maison individuelle, selon une étude de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU). Vivre dans un pavillon loin de Paris a un coût élevé qui ne décourage pas les propriétaires.  

La maison individuelle coûte plus cher qu'il n'y paraît

Le rêve immobilier a un prix qui ne s’arrête pas à la valeur d’une maison. Une étude publiée par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France mardi 24 mars 2015 met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les propriétaires de pavillons en matière de dépenses énergétiques. Avec un constat : « En faisant l’acquisition d’une maison individuelle, les ménages font face à des dépenses qu’ils n’ont pas toujours anticipées: charges, taxes, entretien, chauffage, etc. »

Maisons anciennes et neuves

Sans surprise, les maisons anciennes sont pointées du doigt. Dans un des témoignages repris dans l’étude, une propriétaire d’une maison datant des années 1920 explique ainsi que le chauffage au fioul lui coûte la bagatelle de 3.000 euros par an… Et les travaux de rénovation lourds ne sont pas forcément une solution adaptée pour des ménages au budget limité. « Pour limiter les conséquences d’un manque d’isolation, des travaux a minima sont envisagés: bricolage malin, calfeutrage, remplacement des fenêtres une par une afin d’échelonner la dépense », avance l’IAU. En revanche, les travaux d’isolation extérieure sont jugés trop onéreux. Sur ce point, les aides publiques de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ou encore les dispositifs dédiés (éco-PTZ, crédit d’impôt pour la transition énergétique) pourraient sans doute aider… mais restent trop peu connus du grand public.

Mais acheter une maison neuve ne résout pas forcément le problème. En particulier, l’IAU pointe le cas des pavillons avec chauffage électrique : bien que moins coûteux à l’installation, le chauffage électrique « se révèle peu rentable ». De plus, « parce qu’il s’agit d’un mode de chauffage facilement ajustable », les ménages font des choix financiers au détriment de leur bien-être. « Une des stratégies consiste à chauffer seulement les pièces à vivre, au risque de générer des conflits au sein de la famille, voire des problèmes de santé », relève ainsi l’institut.

Choix de vie

L’étude ne s’intéresse pas qu’au seul logement et montre que les ménages occupant un pavillon loin de la capitale supportent également de lourdes dépenses énergétiques au titre du transport. « En Île-de-France, 174.000 ménages ont des parts de dépenses énergétiques deux fois supérieures à la moyenne des ménages franciliens, à la fois pour le logement et le carburant », pointe l’IAU. Les ménages actifs sont davantage sensibles aux coûts de transport mais plus l’âge avance, plus les dépenses liées au logement augmentent tandis que celles dédiées au transport diminuent.

Et pourtant… malgré des prix immobiliers élevés, l’éloignement du lieu de travail, les coûts de chauffage et de carburant, l’idéal du pavillon résidentiel en périphérie d’une grande ville plaît toujours. « Ces difficultés sont compensées par l’espace offert par une maison, et le confort psychologique que procure le statut de propriétaire », rappelle l’IAU. En conséquence, les familles s’adaptent et jouent sur les postes de dépenses les plus flexibles, comme l’alimentation. Mais le budget reste tendu et le danger présent : « La dépendance à l’énergie laisse entrevoir un risque pour des populations qui ont finalement peu de prise sur leur mode de vie, alors même qu’il s’est agi d’un choix de vie. » Comme quoi acquérir sa maison ne permet pas toujours de s’acheter une certaine tranquillité.

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