Le logement, premier responsable du coût de la vie parisienne


Trop chère la vie parisienne ? La faute en revient principalement aux loyers et autres dépenses de logements, qui expliquent en grande partie les écarts de coûts de la vie entre l'Ile-de-France et la province.  

La vie parisienne peut faire des envieux. Mais elle a également un prix. Pour preuve, l’Insee évalue la différence de coût de la vie entre l’Ile-de-France et la province à 8,8% en moyenne. Et l’enquête dévoilée par l’Institut national de la statistique et des études économiques jeudi 14 avril 2016 ne laisse pas de place au doute : c’est bien le logement (14,1% du budget d’un ménage) qui creuse l’écart.

Loyers 50% plus chers

Si ce constat ne surprendra pas grand monde, les chiffres restent saisissants : se loger coûte ainsi 24,7% plus cher en Ile-de-France qu’en province (hors Corse). A titre de comparaison, l’écart de prix n’excède jamais 10% pour les autres postes de dépenses étudiés par l’Insee.

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Cette différence s’explique avant tout par des loyers près de 50% plus chers à logement comparable*. « Hors dépenses de loyers, l’écart de prix [global] est ramené à 6,2% », précise l’Insee. En d’autres termes, un tiers de la différence de coût de la vie entre l’agglomération parisienne et la province provient directement des prix à la location.

En ne retenant que la seule Ville lumière, parler de gouffre semble plus approprié. D’après les derniers relevés de l’institut Clameur, le prix moyen au mètre carré d’une location parisienne se fixe à 24,10 euros. Soit plus du double de Nantes (11,70 euros/m²), Toulouse (11,80 euros/m²) ou encore Marseille (12 euros/m²). De quoi faire réfléchir tous ceux qui désirent s’installer dans la capitale.

Services et frais immobiliers plus onéreux

Au-delà des seuls loyers, les services liés au logement, « qu’il s’agisse de la gestion des ordures ménagères, des services d’assainissement, du petit entretien ou de la réparation du logement », se paient 6,1% plus cher en région parisienne. A cela s’ajoutent des frais purement immobiliers, comme les honoraires de location, plus conséquents en région parisienne qu’ailleurs. Les propriétaires s’acquittent pour leur part de commissions d’agence et de droits de mutation bien plus conséquents à l’achat, surtout à Paris, à cause de prix immobiliers particulièrement élevés. Enfin, « les assurances habitation sont nettement plus chères en région parisienne qu’en province », indique le chef du département des comptes nationaux de l’Insee, Ronan Mahieu.

En revanche, les Franciliens ne paient pas beaucoup plus chers leur ameublement. La différence se limite à 4,2% : « Pour de nombreux biens durables (meubles, appareils électroménagers, hi-fi…), les grandes enseignes nationales concentrent l’essentiel des ventes et leurs prix sont en général identiques pour toute la métropole, en magasin comme sur Internet. » Une bien maigre consolation pour les quelque 12 millions d’habitants vivant en région parisienne.

*Avant déduction des aides au logement