Le marché des forêts poursuit son redressement en 2011

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Le nombre d'hectares de forêts échangés l'an dernier a augmenté de 3,8% par rapport à 2010, selon les chiffres communiqués mardi 22 mai par la Société Forestière et la Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (FNSafer). Une progression qui confirme l'embellie du marché des forêts, durement touché par la crise financière en 2008. Les prix ont grimpé de 28,3% sur un an.

Les indicateurs du marché des forêts sont au vert. En 2011, le nombre de transactions effectuées sur le marché a augmenté de 3,8% à 14 120 ventes, selon la Société Forestière et la Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (FNSafer). Ces chiffres, communiqués lors d'une conférence de presse le mardi 22 mai, confirment l'amélioration constatée en 2010, après la crise financière qui avait fait plonger les ventes de 22% en 2009.

La Société Forestière, qui concentre 32% du marché des grandes forêts, c'est-à-dire de plus de 100 hectares, a également pointé l'augmentation significative de la surface forestière échangée : 112 700 hectares en 2011 contre 101 600 en 2010. Cette hausse de 10,9% s'inscrit donc dans la lignée de l'exercice 2010 puisque sur deux ans, la surface forestière échangée a augmenté de 21,3%. Selon Robert Levesque, directeur de Terres d'Europe Scafr (Société centrale d'aménagement foncier rural), cette reprise se justifie en premier lieu par « la réforme de la fiscalité sur les plus-values immobilières (qui) explique la hausse d'activité sur le marché des forêts fin 2011 ». De nombreux propriétaires se seraient ainsi empressés de vendre leurs biens au dernier trimestre 2011 et en janvier 2012, la réforme précitée entrant en vigueur au 1er février 2012.

Nouvelle méthode de calcul de l'indice national des prix des forêts

Outre « l'ouverture » du marché des forêts, qui retrouve des niveaux de transactions plus conformes aux statistiques d'avant crise, la Société Forestière et la Scafr mettent en avant la valeur des biens vendus, qui augmente de 28,3% par rapport à 2010 et s'établit au total à 1,2 milliard d'euros. La valeur du marché s'explique autant par les volumes des transactions que par le prix de l'hectare de forêt qui se fixe désormais à 3.960 euros, soit 10,8% de plus qu'il y a un an. Ce montant est calculé cette année par la Scafr selon une nouvelle technique, la méthode hédonique, qui prend en compte plusieurs facteurs parmi lesquels « la nature du peuplement, la localisation ou l'accessibilité », précise Robert Lesveque. Ce mode de calcul, censé plus fiable que la méthode arithmétique du prix moyen, devrait ainsi permettre de mieux prendre en compte « l'hétérogénéité des biens », précise la Société financière dans son communiqué.

Fortes disparités selon les régions

Si le marché des forêts tend à se rétablir sur la période 2009-2011, toutes les régions ne profitent pas de ce redressement à la même échelle. Découpée en six grandes zones géographiques, les forêts de France connaissent des fortunes diverses. Alors que la région dite du « Nord-Bassin parisien » voit la valeur moyenne de l'hectare dépasser les 6.000 euros, celle de l'Ouest se fixe à 4.800 euros, et les régions dites du « Massif Central » et du Sud-Ouest plafonnent à 2.500 euros. Au sein même de ces zones, de forts contrastes apparaissent. Par hectare, 5% des forêts vendues se monnayant plus de 12.180 euros, tandis que 5% des espaces forestiers s'échangent à moins de 640 euros. Jean-Pierre Mesnil, directeur adjoint de l'investissement et de la gestion privée à la Société Forestière, évoque même « une vente à plus de 35.000 euros l'hectare dans le Pas-de-Calais ».

Cependant, la nette augmentation des prix des forêts n'est pas représentative de la valeur des biens achetés. Selon Michel de Warren, directeur de l'investissement et de la gestion privée à la Société Forestière, « il y a une distorsion entre la valeur de production et la valeur de marché. Les acheteurs paient plus cher que ne valent ces terrains ». Si le marché a repris une activité proche des records de 2008, Michel de Warren constate également une « décorrélation entre le prix du bois et celui de la forêt de l'ordre de 10 à 20% de la valeur de production », un changement historique car la valeur des échanges forestiers était auparavant indexée sur celle du bois. Dès lors, difficile sans repère de prédire le comportement du marché pour la fin de l'année.



 

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