Le pouvoir d’achat immobilier recule dans les grandes villes


Le dernier baromètre trimestriel Capacim, sur la capacité d'achat immobilier, révèle un repli du pouvoir d'achat des ménages à Paris, Lyon, Lille et Marseille au troisième trimestre 2012. Les disparités entre territoires sont fortes.

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Les ménages français ne sont pas tous logés à la même enseigne face à l’achat immobilier. Le dernier baromètre Capacim (Capacité d’achat immobilier), mené conjointement par le Crédit Foncier et l’université Paris-Dauphine pour le troisième trimestre 2012, montre en effet de forts écarts dans l’évolution du pouvoir d’achat immobilier des Français, en fonction des territoires considérés.

Près de 40.000 acquéreurs potentiels perdus à Paris

Sur le marché parisien, de très loin le moins favorable à l’accession à la propriété dans l’ancien, la capacité d’achat des ménages recule. D’après l’étude, 43% des ménages vivant dans la capitale sont en mesure d’acquérir un logement correspondant à leurs besoins dans l’ancien, contre 43,3% au deuxième trimestre 2012. Si cette variation ne semble pas spectaculaire au premier abord, elle « correspond pourtant à environ 38.600 ménages franciliens qui se retrouvent exclus du marché de l’accession dans la capitale ». « Cette érosion touche toutes les catégories socio-professionnelles, à l’exception de celle des « Artisans, Commerçants et Professions libérales », demeurée stable », ajoute l’étude.

Plus précisément, le baromètre explique que si 71,8% des secundo-accédants sont en situation d’acheter, seuls 18,6% des primo-accédants peuvent faire de même, sachant que ces deux catégories sont affectées similairement par le recul du pouvoir d’achat immobilier. Difficile pour autant d’en tirer une tendance forte de long terme, l’étude rappelant que la capacité d’achat des ménages parisiens avait progressé significativement au deuxième trimestre 2012.

Pour l’ensemble de la région Ile-de-France, les évolutions sont très disparates. 15 des 19 communes présentes dans le baromètre ont connu une hausse du pouvoir d’achat immobilier au troisième trimestre 2012 (voir tableau).

La situation aurait pu être pire, explique l’étude, puisque en tenant compte de la seule hausse des prix de l’immobilier ancien parisien observée sur la période, environ 110.000 ménages auraient perdu la capacité d’acheter un logement correspondant à leurs besoins affirme le baromètre. Les taux de crédit immobilier attractifs et la progression, même faible, des revenus des ménages ont permis d’atténuer l’augmentation des prix, sans pour autant la compenser totalement.

Lille, Lyon et Marseille en repli

Ailleurs en France, dans les six grandes villes suivies par le baromètre, les variations de pouvoir d’achat immobilier sont sensiblement différentes. Les habitants du Pays de la Loire et de Midi-Pyrénées ont ainsi bénéficié d’une amélioration de leur capacité d’acquisition à Nantes et à Toulouse respectivement (+2,18% et +0,90%). La métropole du Grand Ouest a notamment bénéficié de l’évolution des prix de la pierre puisque « la seule contribution des prix à Nantes, aurait provoqué une progression relative de 1,54% de la solvabilité immobilière des ménages ». A Bordeaux, la capacité d’achat est restée stable.

A l’inverse, les trois plus grandes villes de province se sont montrées moins propices à l’achat immobilier entre juillet et septembre 2012. La capacité à acquérir un logement adapté aux besoins du ménage a reculé de 2,49% à Lyon et de 0,97% à Lille, pour les habitants des régions Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais respectivement. Dans les deux cas, la seule évolution des prix aurait exclu encore quelques ménages. La palme du plus fort recul du pouvoir d’achat immobilier revient cependant à Marseille (-8,07%), sachant que la cité phocéenne est déjà la moins accueillante pour les potentiels accédants à la propriété de Provence-Alpes-Côte-d’Azur(voir tableau).

Capacité d’achat immobilier en Ile-de-France (T3 2012)
Ville Pouvoir d’achat Variation T2/T3
Evry 73,50% 1,21%
Meaux 72,10% 1,81%
Bobigny 71,60% 2,85%
Argenteuil 70,50% 0,26%
Saint-Denis 70,40% -0,73%
Cergy 69,60% 2,28%
Fontainebleau 69,10% 4,96%
Palaiseau 65,70% 1,32%
Massy 64,10% 0,50%
Créteil 62,90% 0,02%
Enghien 61,80% 5,63%
Nanterre 59,40% -0,08%
Versailles 49,80% 0,87%
Saint-Germain-en-Laye 49,30% 1,79%
Issy-les-Moulineaux 46,70% -2,30%
Vincennes 45,80% 3,20%
Boulogne-Billancourt 45,10% 1,03%
Saint-Mandé 44,30% -16,39%
Neuilly 33,90% 11,06%

Source : Crédit Foncier – Université Paris Dauphine

Capacité d’achat immobilier en province (T3 2012)

Ville Pouvoir d’achat Variation T2/T3
Nantes 70,20% 2,18%
Toulouse 67,90% 0,90%
Bordeaux 65,30% 0%
Lyon 60,30% -0,97%
Lille 53,90% -2,49%
Marseille 47,80% -8,07%
Source : Crédit Foncier – Université Paris Dauphine