Le premier achat immobilier est (encore) plus compliqué pour les femmes


A l'occasion de la Journée de la femme, des professionnels de l'immobilier se sont interrogés sur la question du premier achat, des conditions d'emprunt ou encore du paiement des charges au quotidien au sein d'un couple. Globalement, il en ressort que les femmes demeurent encore désavantagées, mais non dénuées de ressources.  

Comment la question de l’immobilier est-elle gérée au sein d’un couple ? Journée de la femme oblige en ce 8 mars 2016, le site de petites annonces immobilières A Vendre A Louer a réalisé une étude sur le sujet*.

Si les clichés laissent à penser que les femmes sont les principales décisionnaires au sein d’un couple, lorsqu’il s’agit de location ou d’achat d’un logement, le choix est partagé à parts égales. En effet, 88% des couples sondés déclarent que le choix du quartier ou de la ville de leur futur nid, que ce soit en location ou en accession, s’effectue conjointement. « Il en est de même pour le choix final du logement : 9 couples sur 10 prennent la décision à deux », rapporte l’étude.

Toutefois, comme le soulignait déjà une enquête du centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) en mai 2015, lorsqu’il s’agit d’aménagement, la voix d’un des membres du couple est prédominante : celle de madame. L’étude réalisée pour A Vendre A Louer avance ainsi qu’un tiers des femmes ont le dernier mot dans ce domaine, cette proportion grimpant même à 40% pour les femmes âgées de 65 ans et plus.

Conditions d’emprunt moins avantageuses pour les femmes

A l’inverse, c’est l’homme qui consacre le plus d’argent au poste du logement dans un tiers des couples, que ce soit pour payer le loyer ou rembourser les mensualités d’un prêt immobilier. Pour seulement 9% des couples sondés, la femme dépense plus d’argent dans l’un de ces deux postes. Mais globalement, ces frais sont répartis à parts égales entre les deux membres du couple (61%). Côté charges de la vie courante, là encore pour un tiers des couples, Monsieur est davantage mis à contribution, de même que pour des travaux d’aménagement dans le logement (29%).

Au-delà de ces inégalités financières du quotidien, les femmes doivent faire face à davantage d’obstacles que leurs homologues masculins pour accéder à la propriété. Ainsi, seules 54% d’entre elles déclarent être propriétaires, contre 61% pour les hommes. « Les inégalités salariales encore flagrantes peuvent sans doute expliquer cette situation », analyse l’étude. Même constat du côté du courtier en crédit immobilier Empruntis**, qui rappelle que les femmes gagnent en moyenne 10% de moins que les hommes. Mais malgré « cette situation, les femmes arrivent à épargner et à emprunter la même somme pour un projet immobilier quasi similaire, mais attendent d’avoir 38 ans en moyenne, donc 2 ans de plus que les hommes, pour concrétiser leur premier achat immobilier », indique la directrice de la communication et des études d’Empruntis, Cécile Roquelaure. En conséquence, ce recul implique un coût majoré de l’assurance emprunteur d’en moyenne 500 euros.

Dans le détail des conditions d’emprunt, le courtier révèle qu’en moyenne les femmes remboursent sept mois de plus que la gente masculine, avec une durée de 17 ans et 6 mois, et que le montant de leur crédit est pourtant inférieur de 1.245 euros. Malgré ces embûches, les femmes arrivent à acheter un bien quasi similaire (- 25 euros) en épargnant un montant quasi identique aux hommes (54.811 contre 54.307 euros).

*Sondage effectué en ligne par Harris Interactive du 12 au 14 janvier 2016

** Femmes et hommes qui empruntent seuls et pour la 1ère fois : base dossiers finançables avec promesse de vente signée, déposés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015 sur le site empruntis.com

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