Le syndicat étudiant UNI-MET craint une suppression des APL

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Dans le cadre d'élections universitaires, le syndicat UNI-MET affirme dans des tracts que le gouvernement entend supprimer les aides personnelles au logement (APL) pour les étudiants. Si une réforme du barème des APL est envisagée, aucune suppression d'aides n'est prévue par le ministère du Logement.

Manœuvre électorale ou entourloupe politique ? Toujours est-il que le syndicat UNI-MET, classé à droite sur l'échiquier politique universitaire, affirme haut et fort que le gouvernement compte supprimer les aides personnelles au logement (APL).

Supprimer les APL pour financer l'allocation d'études

L'annonce apparait sur un tract du syndicat, qui participe actuellement aux élections universitaires au Crous (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires). « Afin de trouver l'argent nécessaire pour réaliser la promesse démagogique de François Hollande de créer une allocation d'autonomie, le gouvernement souhaite supprimer les aides au logement ALS/APL ainsi que la demi-part fiscale qui constitue également une aide pour les familles des classes moyennes. », prétend le texte. L'allocation d'études, destinée à aider les étudiants sous conditions de ressource, est la mesure 39 des 60 engagements pour la France dévoilés par François Hollande durant la campagne présidentielle. L'UNI-MET a lancé une pétition contre la suppression des APL et aurait déjà recueilli 75.000 signatures d'étudiants, toujours selon les tracts distribués. Les élections universitaires se déroulent dans les académies de toute la France entre le mardi 20 et le jeudi 29 novembre.

Selon le président du syndicat Antoine Diers, « le discours officiel tenu par Geneviève Fioraso [ministre de l'Enseignement supérieur, ndlr] évoque un redéploiement des aides sociales pour les étudiants. Nous l'avons interrogé sur l'allocation d'études, elle nous a répondu qu'elle se fera et que le financement se ferait à coût constant, par ce redéploiement des aides sociales. Cela signifie que les APL et la demi-part fiscale seront supprimées, pour pouvoir financer cette nouvelle allocation. »

D'autres organisations étudiantes ont également fait part de leurs craintes concernant le financement de l'allocation d'études, notamment l'Unef, située à gauche, qui estime que « la remise en cause des aides au logement, que ce soit pour tous les étudiants ou seulement pour une partie, ne constituera pas une base de négociation acceptable ». Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) en date du mois de mai 2012 préconise par ailleurs de rendre impossible le cumul des APL et de la demi-part fiscale.

Réforme du barème en vue ?

Problème : au ministère du Logement, il n'a jamais été question de supprimer les APL. En effet, selon des propos tenus par Manuel Flam, directeur de cabinet de la ministre du Logement Cécile Duflot, devant la commission des finances du Sénat, une réforme du barème des APL est à l'étude, sans plus de précisions. Le sujet des APL pourrait être abordé en 2013, dans le cadre de la grande loi sur le logement annoncée par Cécile Duflot. De plus, l'allocation d'autonomie qui serait financée par cette suppression semble être tombée quelque peu dans l'oubli depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée.

En revanche, la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso a bien confirmé son intention de remettre à plat l'ensemble des aides pour les étudiants (bourses, APL et demi-part fiscale). La ministre a notamment évoqué la possibilité de calculer le montant des APL distribuées aux étudiants en fonction des revenus des parents, sur le même modèle que les bourses universitaires.

Une proposition d'un think-tank de gauche

La suppression des APL a cependant été évoquée à gauche durant l'été, par un think-tank nommé « Cartes sur tables ». Selon le think-tank classé à gauche, les aides ont « un effet pervers » et gonflent le montant des loyers étudiants. La suppression des APL permettrait de redistribuer près de sept milliards d'euros d'aides sociales, notamment vers les étudiants en revalorisant « les minima sociaux et les bourses étudiantes ».



 

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