Les acheteurs immobiliers privilégient l’emploi et leur région avant le prix


Pour leur projet immobilier, les acheteurs préfèrent rester dans leur région d'origine, même si, pragmatiques, ils privilégient celles avec un important bassin d'emploi. La situation familiale joue aussi, les familles s'éloignant des grandes villes et les seniors achetant là où il fait bon vivre.  

Les intentions d'achat des Français par régions

Que privilégient les acheteurs dans un projet immobilier ? L’âge, la situation familiale et la région d’origine déterminent en premier lieu les intentions d’acquisition, selon une étude du courtier Empruntis.com dévoilée le 30 juin 2015. Les prix de l’immobilier dans la région ne viennent qu’en second critère de choix.

L’étude souligne en effet que 93% des Français souhaitent rester dans leur région d’origine. « La fidélité au département est forte, en moyenne 9 emprunteurs sur 10 souhaitent rester dans leur département lorsqu’ils ne veulent pas changer de région. Ils désirent avant tout acheter et habiter dans leur lieu de vie », précise l’étude. L’attachement à son lieu d’origine est plus ou moins élevé, les fortes identités régionales sortant du lot : les Bretons, Alsaciens et les habitants du Nord-Pas-de-Calais et des régions méditerranéennes ont la ferme intention d’y rester. A l’inverse, les résidents d’Ile-de-France, de Normandie, du Centre et de la Picardie envisagent d’acheter un logement dans une autre région, « même si, nuance l’étude, le taux de fidélité y est supérieur à 80% ». Seule une minorité d’acheteurs pensent à s’installer dans une autre région.

L’emploi, premier critère de choix

Même si l’envie de rester dans sa région est forte, les acheteurs ont la tête sur les épaules. Parmi les régions où les intentions de rester sont les plus fortes, « 8 sur 11 ont des grandes métropoles parmi les 10 plus grandes villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Nantes) », pointe Empruntis.com. Les acquéreurs recherchent en effet les bassins d’emploi et d’activité et orientent leurs préférences vers l’Ile-de-France (25%) et les régions Rhône-Alpes (10%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (9%), Nord-Pas-de-Calais (6%), Aquitaine et Pays de la Loire (5%). « Si l’Ile-de-France est l’une des régions où ceux qui y vivent souhaitent le moins rester, c’est aussi celle où l’on veut le plus acheter. Preuve que si ce n’est pas toujours une région de cœur, cela reste une région incontournable grâce à son pôle d’emplois et d’attractivité qu’est Paris », analyse le courtier.

Age et situation familiale éloignent ou rapprochent des grandes villes

L’attrait du bassin d’emploi n’est pas le seul critère qui pèse dans la balance. A chaque âge et situation familiale sa région : « La structure familiale et les revenus jouent également. » Les moins de 30 ans, généralement sans enfant, vont se tourner vers le cœur des grandes métropoles, quand les familles vont commencer à s’en éloigner afin d’acheter un logement plus grand et moins cher. Les seniors vont préférer les régions où la qualité de vie est réputée meilleure, comme le Languedoc-Roussillon ou la région PACA. Jusqu’à l’âge de 49 ans, le classement des intentions d’achat est identique : Ile-de-France, Rhône-Alpes et PACA. Passé ce cap, si l’Ile-de-France reste prioritaire, la région PACA se place juste derrière et même à égalité pour les plus de 60 ans.

Les prix de l’immobilier dans la région ne constituent ainsi pas le facteur prioritaire de choix. « Si l’intention d’aller (ou de rester) dans une région aux prix de l’immobilier élevés est envisagée, ceci est avant tout le reflet de l’attractivité de la région, du département, de son dynamisme et de sa qualité de vie », souligne l’étude. Les acheteurs privilégient la qualité de vie et le vivier d’emplois d’une région, « souvent matérialisés par la présence d’une métropole. Les prix de l’immobilier agissent ensuite dans le choix définitif de la zone », poursuit le courtier. Comme quoi pour un projet immobilier, l’argent ne fait pas le bonheur… mais la région oui.

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