Les agents immobiliers prédisent l’échec de la garantie des loyers


 

La garantie universelle des loyers (GUL), présentée dans le projet de loi Alur sur le logement et l’urbanisme, est « vouée à l’échec » selon la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim). Rappelant que la garantie des risques locatifs (GRL), précédent dispositif censé parer aux impayés de loyers, s’est avérée peu efficace, la Fnaim juge que la GUL « ne résoudra rien ». Au contraire, en souhaitant protéger l’ensemble des propriétaires et locataires du parc privé, le dispositif imaginé par la ministre du Logement Cécile Duflot risque de multiplier les problèmes. « Si, de notoriété publique, l’impayé n’a plus aucune conséquence a priori, ni sur la perception du loyer par le propriétaire, indemnisé, ni sur le locataire, protégé », le paiement du loyer apparaîtra superflu aux deux parties.

 

La Fnaim rejoint également l’argument développé par le directeur général de l’Agence nationale de l’information sur le logement (Anil) Bernard Vorms. Ce dernier, tout comme les agents immobiliers, plaide pour une garantie « doublement ciblée, socialement et géographiquement » sur les ménages ne disposant pas d’un garant externe et sur les zones tendues, où l’accès à la location est plus difficile.

De plus, la Fnaim s’inquiète des futures modalités de la GUL, qui doivent encore être précisées. Selon la fédération, « il est fortement question que la GUL couvre les locataires jusqu’à un taux d’effort de 50% ». Une orientation jugée « irresponsable et incompréhensible » alors que le taux d’effort – soit le rapport entre le loyer et les revenus du ménage – est considéré comme trop élevé dès lors qu’il dépasse les 30%. Selon l’analyse du marché locatif du réseau d’agences immobilières Century 21, le taux d’effort moyen des locataires se situe à 26,3%.