Les conditions de logement se dégradent après une séparation


Manque de pièces, défauts importants... Les familles monoparentales, davantage que les familles recomposées, présentent des conditions de logements dégradées après une séparation. En cause principalement, des ressources financières plus faibles.  

Après une séparation, les conditions de logement se dégradent, notamment pour les familles monoparentales

La séparation d’un couple influe négativement sur ses conditions de logement. Difficultés à payer son loyer, habitat trop petit voire dégradé, les familles monoparentales et les parents seuls dont l’enfant vit ailleurs sont davantage affectés que les familles traditionnelles et même recomposées, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dévoilée le 5 janvier 2015.

Afin d’établir ce constat, la Drees s’est penchée sur les conditions de logement des « personnes qui ont un ou plusieurs enfants mineurs et qui ont connu pour la plupart une séparation conjugale ». Or selon l’Insee, 38% des ménages « dont la personne de référence a entre 25 et 59 ans » constituent une famille traditionnelle en 2013 contre 45% en 2001. A l’inverse, la part des familles recomposées a progressé de 7 à 10% sur la même période, de même que celle des familles monoparentales, passant de 10 à 12%.

Ressources moindres et difficultés à payer le loyer

Premier constat, 39% des familles monoparentales sont locataires d’un logement social de type HLM, contre seulement 18% des familles recomposées et 14% des familles traditionnelles. En effet, les premières citées disposent « de ressources plus faibles que les autres familles », pointe l’étude. Ainsi, malgré les aides au logement perçues par les monoparents locataires ou accédants à la propriété, 20% d’entre eux peinent à payer leur loyer. Cette proportion est très légèrement inférieure (18%) chez les familles recomposées. « Moins souvent propriétaires, ces familles ont plus de difficultés à payer les frais liés à leur habitat », explique l’étude. Même si leurs enfants n’habitent pas au quotidien avec eux, les parents vivant seuls rencontrent également des difficultés à assurer les frais liés à leur logement (29%). En cause, « des charges supplémentaires liées à leurs enfants, notamment s’ils disposent d’un domicile plus grand pour les accueillir », analyse la Drees.

Taille du logement insuffisante et insalubrité

Avec des moyens financiers limités, les familles monoparentales occupent davantage de petites surfaces, disposant ainsi de 24 m² de moins en moyenne que les familles traditionnelles (86 m² contre 110 m²). Parallèlement, les familles recomposées possèdent des surfaces comparables aux familles traditionnelles (-4 m²). La petite taille du logement se traduit par un surpeuplement pour 18% des familles monoparentales, 10% des familles recomposées et 7% des familles traditionnelles à nombre d’enfants identique.

Outre la surface habitable, les familles monoparentales « résident plus souvent en ville, dans un logement collectif, ancien et comportant des défauts importants », résume l’étude. Près de la moitié habitent en zone urbaine fréquemment dans des « zones sensibles, ou dans le voisinage de cités ou de grands ensemble », et dans des logements plus anciens (59%). En conséquence, 26% des monoparents et 29% des parents vivant sans leurs enfants occupent des logements présentant des défauts d’insalubrité. Parmi ceux les plus souvent pointés du doigt se trouvent l’installation électrique, l’humidité, la mauvaise isolation, le manque d’eau chaude ou encore de WC et de salle de bains.

D’une manière générale, 12% de familles monoparentales estiment leurs conditions de logement « insuffisantes » contre 8% des familles recomposées et 6% pour les traditionnelles.

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