Les constructeurs de maisons déplorent l’exclusion des primo-accédants à la propriété


L'Union des maisons de France fait état d'un recul des ventes de maisons neuves de l'ordre de 16% en 2012, un repli qui affecte principalement les ménages accédants à la propriété. 2013 devrait marquer une nouvelle détérioration du marché.

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Le secteur de l’immobilier neuf souffre et les primo-accédants en subissent les conséquences. Selon l’Union des maisons de France (UMF), les ventes de maisons individuelles se sont repliées de 16% en 2012, avec 126.600 biens vendus, soit une perte d’environ 22.000 ventes sur un an « qui a mis en péril au minimum 30.000 emplois directs sur le secteur » de la construction. Pour les seuls ménages primo-accédants, le recul des ventes est double, de 32%, signe des difficultés que rencontrent ces ménages pour financer leur projet immobilier en dépit de taux de crédit immobilier particulièrement attractifs.

« Des dispositions un peu chiches » pour relancer l’accès à la propriété

En réalité, le processus d’exclusion des primo-accédants n’est pas apparu en 2012. L’UMF, s’appuyant sur une enquête Ipsos/Caron Marketing, affirme ainsi qu’en quatre ans, l’âge moyen lors du premier achat immobilier est passé de 39 à 43 ans, un recul qui illustre les difficultés rencontrées par les ménages pour s’inscrire dans le parcours résidentiel. Ainsi, si entre 2010 et 2012, le marché de la maison neuve est en recul de 11%, la baisse est de l’ordre de 30% pour les seuls primo-accédants (-29.700 maisons).

De plus, pour Christian Louis-Victor, président de l’UMF, le gouvernement ne donne pas l’impression de se préoccuper de ce sujet. Il déplore « des dispositions un peu chiches » pour relancer l’accès à la propriété, visant ainsi la refonte du PTZ+. « Nous sommes plus face à une mesure de posture » selon lui, avec la refonte proposée et votée en fin d’année 2012 du PTZ+. D’autant que la redéfinition des conditions de ressources a pénalisé les emprunteurs en zones B2 et C, plutôt péri-urbaines ou rurales et donc la construction de maisons individuelles neuves.

Si les constructeurs de maisons attendent encore avant de déterminer « l’impact plus ou moins positif du PTZ+ en 2013 », le président de l’UMF affirme d’ores et déjà qu’il ne sera pas suffisant pour inverser la tendance négative et plaide pour un doublement pur et simple, sur deux ans, de l’aide au financement de l’acquisition. D’autant qu’en termes de financement, « le niveau de fonds demandé fait défaut » pour les emprunteurs s’adressant aux banques classiques et non spécialisées sur l’accession sociale à la propriété comme le Crédit foncier ou le Crédit immobilier de France. « Il n’y a pas un désamour de la maison individuelle mais les primo-accédants ne peuvent pas acheter faute d’une solvabilité suffisante. »

2013, pire année depuis 30 ans ?

Problème, la tendance ne va pas s’inverser en 2013. Si l’UMF ne va pas jusqu’à évoquer un désastre comme la Fédération des promoteurs immobiliers avant elle, elle la rejoint sur son constat d’une nouvelle dégradation significative de l’activité. Pour le mois de janvier 2013, les ventes sont en chute de 38%, un chiffre qui rappelle furieusement le -36% enregistré en janvier 2009 suite à la crise économique de 2008.

Surtout, les tendances globales observées au mois de janvier tendent à s’affirmer durant l’année selon l’UMF, qui table sur un nouveau recul des ventes de l’ordre de 25% et espère tenir au-dessus d’un seuil minimal de 100.000 ventes. Le marché de la maison neuve pourrait ainsi toucher son point le plus bas depuis la crise du début des années 1990 (période 1991-1993 en particulier). Christian Louis-Victor relativise cependant les mauvais chiffres de janvier, expliquant que le passage à la RT 2012 au 1er janvier a créé un effet anticipateur qui s’est manifesté à partir de septembre 2012. « Les gens se sont jetés sur les commandes » sur cette période afin d’échapper à un surcoût, « qui se confirme entre 9 et 15% », lié aux exigences relevées en matière de consommation d’énergie et d’isolation.

De fait, ce mouvement opportuniste des acheteurs a amélioré les résultats de 2012 au détriment de ceux de 2013, un phénomène qui se confirme avec un mois de février « pas bon du tout ». « Le rythme de respiration économique sera mieux déterminé après le mois de mars » ceci étant et l’étendue des dégâts sera alors plus facilement identifiable. Pour autant, l’absence de baisse de prix -l’UMF pointant le coût du foncier et l’accumulation de normes techniques tout comme la FPI avant elle- devrait encore maintenir les primo-accédants loin du marché de la maison neuve. Et la crise structurelle de la construction devrait encore s’aggraver en 2013, sachant que l’estimation actuelle donne moins de 290.000 mises en chantier de logements neufs soit le niveau de construction le plus bas depuis 20 ans.