Les énergies renouvelables séduisent, mais leur coût et méconnaissance freinent


Les Français se tournent de plus en plus vers les énergies renouvelables, particulièrement vers les équipements solaires, au détriment des énergies dites traditionnelles comme le gaz, le fioul et le nucléaire. Seules ombres encore au tableau, le coût de ces équipements et la méconnaissance générale du grand public.  

Les Français sont séduits par les énergies renouvelables, mais ils connaissent encore très mal les aides dédiées et le coût.

Les Français déclarent leur amour aux énergies renouvelables. Selon la 6ème vague du baromètre OpinionWay réalisé pour l’association Qualit’EnR, qui regroupe les spécialistes des énergies renouvelables, diffusé le 21 janvier 2016, 26% des Français envisagent de s’équiper d’au moins un dispositif d’énergie renouvelable.

Désamour envers les énergies traditionnelles

Plus d’un tiers des sondés possèdent déjà un équipement de ce type dans leur logement, le taux grimpant à près de 50% pour les propriétaires. Pourtant, comme le fait remarquer le président de Qualit’EnR André Joffre, « les prix des énergies traditionnelles ont atteint un niveau plancher. Ce qui montre que le facteur « prix » ne représente pas le seul intérêt ». Pour preuve, 96% des interrogés encouragent le développement des énergies renouvelables, alors que dans un même temps, « un désamour des énergies conventionnelles s’observe nettement », ajoute Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion d’OpinionWay. Parmi les énergies en perte de vitesse , le charbon cède 9 points entre 2015 et 2016, le nucléaire 6 points, le fioul 5 points et le gaz naturel 3 points.
La COP 21, grande conférence sur le climat qui s’est déroulée à Paris en décembre dernier, a contribué à ce regain d’opinions favorables : 23% des sondés s’estiment plus sensibles aux enjeux environnementaux depuis cet évènement.

Le solaire suscite l’engouement

Autre fait marquant de l’étude : les Français se tournent de plus en plus vers les énergies solaires aux dépens du bois, qui reste tout de même encore en première position. Les inserts à bois (17%) et les poêles à bois (12%) demeurent les plus installés, suivis des installations solaires avec les pompes à chaleur (12%), les panneaux photovoltaïques (8%) et les chauffe-eaux solaires (8%), les équipements solaires affichant « la meilleure progression par rapport à 2015 ». Si les Français n’ont pas encore sauté le pas de l’installation, c’est dans les chauffe-eaux solaires, les panneaux photovoltaïques (+11 points respectivement) et les systèmes solaires combinés chauffage/eau chaude (+9 points) que leur confiance a le plus grandi. « Nous constatons clairement un changement de la hiérarchie dans les équipements utilisant de l’énergie renouvelable plébiscités par les Français, les installations à bois progressant plus lentement au profit du solaire », résume Frédéric Micheau.

« Accompagner davantage les particuliers »

Si l’envie est bien présente, reste que le coût de ces équipements, plutôt élevé, conditionne le choix de 54% des sondés. Par ailleurs, la majorité d’entre eux n’estiment pas correctement le budget nécessaire à de telles installations. « Le taux de personnes ne se prononçant pas est particulièrement important, ce qui montre bien que les interrogés sont incapables de donner une fourchette précise, analyse Frédéric Micheau. Cela prouve le déficit de communication dans ce domaine. » Autre fait qui vient renforcer ce constat, la méconnaissance des aides publiques pour réaliser des travaux de rénovation énergétique : 30% des sondés ne connaissent pas le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), 37% l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), le taux grimpant à 61% pour les aides régionales. « Ces aides ont un vrai rôle à jouer pourtant pour réduire l’écart entre coût estimé et réel, regrette Cecil Bonnesoeur, chargé de la communication de Qualit’EnR. Elles permettent d’amortir une grande partie des travaux. » Avant d’ajouter : « Face à ce manque d’information sur les équipements en énergies renouvelables délivrée aux particuliers, l’investissement financier est perçu comme un risque, le doute subsiste. Il faut accentuer les informations et accompagner les particuliers pour qu’ils franchissent le pas. »

Quelques conseils avant de se lancer dans les énergies renouvelables

Première chose à scruter avec attention, le professionnel qui réalisera les travaux. En effet, il existe des labels de qualité, distribués par Qualibat qui regroupe des entreprises du bâtiment actives dans la rénovation énergétique, Qualifelec celles du génie électrique et énergétique et Qualit’EnR. C’est un gage de qualité, bien que la vigilance doive toujours être de mise, comme le rappelle une récente mise en garde la Direction de la concurrence et de la consommation. « Les éco-délinquants sont particulièrement présents sur le segment du photovoltaïque », prévient André Joffre, le président de Qualit’EnR.

« Vérifier la référence du professionnel choisi et aller voir les installations déjà réalisées sur place, c’est encore ce qu’il reste de mieux à faire », poursuit André Joffre. Côté coût, « multipliez les devis faite jouer la concurrence, prenez le temps de comparer », ajoute Cecil Bonnesoeur. Pour vous renseigner, vous pouvez faire confiance au site internet national renovation-info-service.gouv.fr qui vous conseillera en fonction de votre projet et vous renverra directement auprès d’un interlocuteur local. Vous pouvez également vous déplacer aux points rénovation info service dispatchés sur l’ensemble du territoire français.

 

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