Les Français reprennent goût à la maison individuelle


Les prises de commandes pour la construction d'une maison individuelle sont en hausse de 6% à fin juillet 2015 d'après l'Union des maisons françaises. L'embellie pourrait cependant ne pas durer si l'APL accession versée dans le cadre des prêts à l'accession sociale (PAS) devait être supprimée.  

Les ventes de maisons individuelles repartent à la hausse en 2015

La reprise est là mais va-t-elle durer ? Après quatre années consécutives de baisse, les ventes de maisons individuelles sont orientées à la hausse en 2015, selon les données présentées par l’Union des maisons françaises (UMF) et le Crédit Foncier mardi 15 septembre. A la fin du mois de juillet, l’UMF note une augmentation de 6% des prises de commandes sur douze mois*, sous l’impulsion de l’amélioration du prêt à taux zéro au 1er octobre 2014 notamment. Le syndicat de constructeurs relate également « une progression à deux chiffres » des ventes sur les mois de juin et juillet, signe que le marché retrouve un certain dynamisme. « Je pense qu’on a touché le plus bas l’année dernière et cette année va enfin être l’occasion de sortir la tête de l’eau », ajoute Patrick Vandromme, président de l’UMF.

Délais toujours longs pour traiter les permis de construire

Si un certain optimisme est de rigueur, les constructeurs restent toutefois très prudents quant à l’évolution d’un marché qui s’est drastiquement réduit en dix ans (-40% entre 2005 et 2015). D’une part, certaines « lourdeurs administratives » n’ont pas disparu. Si l’engorgement des banques, avec l’afflux de demandes de renégociations observé au premier semestre, devrait se calmer, le traitement des permis de construire reste trop long : il faut compter huit à neuf mois entre la prise de commande et l’ouverture du chantier en moyenne. Et ce malgré le raccourcissement des délais d’instruction prôné par François Hollande (moins de cinq mois), les mairies ayant mis en place des systèmes de pré-instruction afin de conserver la pleine maîtrise du calendrier.

A plus long terme, les constructeurs s’inquiètent de la mise en place de la future réglementation technique (RT 2020) et critiquent « un calendrier extrêmement resserré » pour son implémentation. Ils rappellent que la précédente réglementation (RT 2012, actuellement en vigueur) a engendré un renchérissement du coût de construction des maisons, évalué entre 8 et 12% selon les zones climatiques et les modes constructifs.

Le couperet de l’APL accession

Mais d’ici là, l’UMF a une priorité plus pressante, à savoir convaincre le gouvernement et le Parlement de ne pas mettre fin à l’APL accession. Versée dans le cadre d’un prêt à l’accession sociale (PAS), cette aide au logement est jugée cruciale pour les professionnels mais doit disparaître au 1er janvier 2016, selon la loi de finances pour 2015. Un système assurantiel s’y substituerait alors, afin de verser l’APL seulement en cas d’une chute de 30% ou plus des revenus de l’emprunteur.

Le Crédit Foncier, leader de la distribution du PAS, craint un « effet couperet », comme l’explique Benoît Catel, directeur général délégué de l’établissement, à savoir que les candidats à l’achat qui ne pourront pas compter sur l’APL accession ne mèneront pas leurs projets car ils n’auront plus les moyens de leurs ambitions et n’obtiendront pas le crédit nécessaire. Le spécialiste du financement immobilier estime ainsi que 30.000 projets, dont 10.000 dans l’immobilier neuf, seraient mis en danger si cette réforme n’est pas supprimée dans le cadre du projet de Budget pour 2016. Pour ce faire, les députés, qui se sont rangés aux arguments des professionnels sur cette question, devront obtenir gain de cause face au gouvernement cet automne. Une bataille pas forcément gagnée d’avance alors que l’exécutif entend réduire la dépense publique consacrée au logement par la même occasion.

*Période août 2014-juillet 2015 comparée à août 2013-juillet 2014