Les impôts, moteurs de l’investissement immobilier locatif


La perspective de payer moins d'impôts reste la première motivation des investisseurs en immobilier locatif, selon l'étude annuelle du Crédit Foncier sur le profil des bailleurs particuliers. Leurs projets, d'un montant moyen de 160.000 euros, se concentrent toujours plus sur l'Ile-de-France et les régions du Sud.  

La défiscalisation, objectif n°1 des investisseurs immobiliers

Les impôts passent avant la retraite et le patrimoine. D’après l’étude annuelle sur le profil de l’investisseur locatif publiée par le Crédit Foncier* jeudi 17 septembre 2015, la possibilité de diminuer son impôt, citée par 54% des personnes interrogées, reste le moteur principal du placement immobilier. La défiscalisation devance ainsi la constitution d’un revenu complémentaire pour la retraite (44%) et celle d’un patrimoine (41%) sur le podium des raisons d’investir dans l’immobilier.

Sans surprise, l’appétence pour la défiscalisation s’avère beaucoup plus forte pour les bailleurs qui se sont lancés dans l’immobilier neuf (71%, contre 16% dans l’ancien). Il faut en effet rappeler que le dispositif Pinel, qui ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu, est essentiellement consacré à l’achat d’un logement neuf. A l’inverse, obtenir une réduction d’impôt dans l’ancien est beaucoup moins aisé, car cela nécessite d’engager des dépenses beaucoup plus importantes, notamment en termes de travaux (Pinel dans l’ancien, Malraux).

41 mètres carrés pour 160.000 euros en moyenne

Outre l’aspect fiscal, le Crédit Foncier indique que les investisseurs visent avant tout des appartements de deux pièces (40%). La taille moyenne des biens mis en location atteint ainsi 41 mètres carrés, pour une dépense totale évaluée à 160.000 euros (-4% sur un an). Un montant financé quasiment intégralement via un crédit immobilier (154.000 euros) dont la durée moyenne se situe à 19 ans et six mois, soit douze mois de moins que l’année précédente.

Autre enseignement de cette étude, la France des investisseurs se divise en deux. L’Ile-de-France et les régions de la moitié sud (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, PACA, Languedoc-Roussillon) concentrent en effet près de quatre investissements sur cinq (78%). « Ce phénomène de concentration s’accentue, la part de ces six régions passe ainsi de 73% en 2010 à 78% en 2015 », souligne le Crédit Foncier. Durant cette période, l’attractivité de l’Ile-de-France et des régions du Sud-Ouest s’est renforcée, tandis que celle du Languedoc-Roussillon et de PACA a légèrement diminué.

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* « Cette étude repose sur une enquête réalisée auprès de clients du Crédit Foncier afin de mieux connaître les attentes et motivations des particuliers qui investissent dans l’immobilier. Près de 3.000 personnes y ont répondu entre le 29 juin et le 29 juillet 2015. »

 

Revenu moyen de 67.500 euros

Contrairement à certaines idées reçues, les bailleurs ne sont pas tous de richissimes multipropriétaires. Parmi les investisseurs financés par le Crédit Foncier au premier semestre 2015, près d’un quart (24%) disposent de revenus mensuels inférieurs à 2.500 euros. A l’opposé, 16% des bailleurs affichent des revenus supérieurs à 10.000 euros par mois. Le revenu annuel du bailleur se fixe ainsi à 67.500 euros en moyenne. Les investisseurs franciliens (74.390 euros) et rhônalpins (73.600 euros) s’avèrent les mieux pourvus.