Les intentions d’achat immobilier se replient


Selon le dernier baromètre du logement Ipsos pour le promoteur immobilier Nexity, seuls 12% des Français entendent mener un projet immobilier en 2013.

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Acheter son logement serait un rêve qui s’éloigne de plus en plus de la réalité. Selon le dernier baromètre du logement Ipsos pour le promoteur immobilier Nexity, seuls 12% des Français interrogés envisagent un achat immobilier en 2013, un chiffre en baisse de deux points par rapport à l’enquête de janvier 2012. Dans le neuf, les intentions d’achat sont encore plus limitées, avec 4,6% des sondés exprimant une telle volonté.

Les prix restent au centre des préoccupations

Au-delà d’une conjoncture économique dégradée et inquiétante, c’est la question des prix de l’immobilier qui reste au cœur des difficultés des Français. Trois sondés sur quatre jugent difficile de trouver un logement et 38% estiment que cela s’avère très difficile. Parmi cette dernière population, huit sondés sur dix pensent que les prix du neuf vont augmenter à l’achat comme à la location. Dans l’ensemble, les Français continuent de croire à une hausse des prix du neuf (63% à l’achat, 74% à la location). Pour le seul marché de l’immobilier ancien, les avis sont plus partagés : 48% des interrogés anticipent de nouvelles augmentations de prix à l’achat contre 46% qui tablent sur une baisse.

Le coût du logement reste donc primordial pour les Français : un sondé sur deux veut prioritairement limiter la hausse des loyers, 29% des interrogés veulent contrecarrer la hausse des prix et 28% mettent l’accent sur des logements plus économes en énergie. Ces résultats font écho aux difficultés croissantes que rencontrent les ménages, notamment face à la hausse des prix de l’énergie. Ainsi, 58% des interrogés déclarent boucler tout juste leur budget ou vivre sur leurs économies ou sur un ou plusieurs crédits. De fait, les ménages ont moins de marges de manœuvre pour envisager un achat : près d’un Français sur dix (9%) déclare avoir renoncé à un projet immobilier en raison de prix trop élevés.

A l’instar des promoteurs immobiliers, les Français mettent d’abord en cause les prix et la rareté des terrains constructibles pour expliquer les prix élevés des logements neufs (54%), devant la hausse des coûts de construction liés aux nouvelles normes techniques et environnementales (46%). Les marges des promoteurs (39%) et la pénurie de logement (29%) sont également mentionnées comme responsables de la hausse des prix dans le neuf.

Peu de confiance en l’avenir

Plus inquiétant encore, le sondage montre que les ménages peinent à envisager l’avenir avec optimisme. 46% des sondés estiment que les choses ne vont pas évoluer en matière de logement, avec un noyau dur de pessimistes (33%) qui reste largement supérieur à celui des optimistes (19%). En définitive, les Français interrogés adoptent une attitude paradoxale face à la politique du logement menée par Cécile Duflot. D’un côté, ils jugent de manière positive les mesures prises jusqu’ici par la ministre du Logement, comme l’encadrement des loyers à la relocation, la refonte du PTZ+, la loi sur le logement social (cession des terrains de l’Etat aux collectivités locales et renforcement des obligations des communes en matière de construction) ou encore le durcissement de la taxe sur les logements vacants. Pour autant, la défiance règne : seuls 35% des Français interrogés font confiance au gouvernement pour mener une politique juste, 33% pour qu’elle soit compréhensible et 29% pour qu’elle soit efficace. Autant dire que la grande loi sur le logement et l’urbanisme, annoncée pour la fin du premier semestre 2013, est attendue de pied ferme par nos concitoyens.

 

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