Les investisseurs reviennent dans l’immobilier neuf début 2015


Les ventes de logements neufs aux particuliers ont progressé de 20% sur les trois premiers mois de l'année 2015, selon la Fédération des promoteurs immobiliers. La relance de l'immobilier neuf passe par l'investissement et le dispositif Pinel tandis que les ventes de résidences principales stagnent.  

Les ventes de logements neufs repartent de l'avant, portées par les investisseurs

L’immobilier neuf repart de l’avant. D’après les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) présentés jeudi 21 mai, les ventes de logements neufs aux particuliers ont augmenté de 20% au premier trimestre 2015, à 21.240 unités. Les ventes au détail progressent ainsi pour le deuxième trimestre consécutif, une première depuis 4 ans.

Le Pinel porte ses fruits

Pour comprendre ce regain de dynamisme, il faut s’attarder sur le retour des investisseurs : les achats destinés à la mise en location d’un logement neuf ont bondi de 59,4% sur les trois premiers mois de 2015, à 10.474 logements. « Cela veut dire que le dispositif Pinel a redonné confiance aux investisseurs, analyse François Payelle, président de la FPI. On voit de plus en plus des investisseurs qui ne sont pas très aisés, plutôt de la classe moyenne, qui se préoccupent de la préparation de leur retraite. » Autrement dit, le dispositif Pinel mis en place au 1er septembre 2014 et ouvert à la location intrafamiliale depuis le 1er janvier 2015 porte ses fruits.

Pour Alexandra Fançois-Cuxac, présidente de l’observatoire de la FPI, cette tendance « peut laisser augurer de quelque chose de pérenne » même si la prudence s’impose. Car dans le même temps, les ventes de résidences principales ont fléchi de 3,3%, à 10.766 unités. « Les primo-accédants ne sont pas vraiment de retour dans le neuf », note François Payelle, qui plaide pour une amélioration du prêt à l’accession sociale (PAS) à cet égard.

Les chantiers ne suivent pas les ventes

Surtout, les lancements de nouveaux programmes peinent à suivre l’accélération des ventes. Les mises en vente de logements neufs ont ainsi progressé de 6,5%, une amélioration qui reste insuffisante, compte tenu du fort rebond des ventes aux particuliers. Si ce décalage devait persister, l’offre pourrait finir par ne plus être en mesure de répondre à la demande : au 31 mars 2015, l’offre commerciale (logements en projet, en chantier ou livrés) se situait à 89.437 logements, soit un niveau proche, trop proche, des prévisions de vente de la FPI pour 2015 (85.000 à 90.000 logements). « Tout l’enjeu des mois qui viennent, c’est de faire en sorte que cette embellie des ventes se traduise par une embellie sur les lancements de programmes », souligne François Payelle. La sortie de crise de l’immobilier neuf reste donc à confirmer.

Les prix toujours stables dans le neuf

Du côté des prix, les promoteurs ont peu de choses à dire. Le prix moyen au mètre carré en province s’apprécie de 0,7% au premier trimestre, à 3.644 euros, contre 4.620 euros en Ile-de-France (-0,2%). Les prix restent ainsi particulièrement stables dans la durée : début 2013, le mètre carré se payait 3.627 euros en province et 4.685 euros en Ile-de-France. Une baisse des prix n’est pas à l’ordre du jour, compte tenu du manque d’offres nouvelles, précise la FPI.