Les loyers baissent en 2015 partout en France

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Les loyers sont orientés à la baisse depuis le début de l'année, affirme l'observatoire privé Clameur. Une tendance qui impacte la quasi-totalité des vingt plus grandes villes du pays. Parallèlement, le marché locatif retrouve un certain dynamisme, illustré par une plus forte mobilité des locataires.

 
Les loyers baissent en 2015 malgré un marché plus dynamique

Voilà qui est pour le moins inhabituel. Sur les huit premiers mois de 2015, les loyers ont baissé de 1,4% en moyenne par rapport à la période janvier-août 2014, d'après les données présentées par l'observatoire privé Clameur. Du jamais vu à une telle période de l'année depuis 1998 selon l'institution, les prix à la location repartant généralement à la hausse au printemps et à l'été.

Recul significatif à Marseille, Lyon et Lille

La diminution des loyers se concentre principalement sur les biens les plus recherchés par les locataires, soit les petits logements. Les studios subissent un recul de 2,7% tandis que les deux pièces voient leurs prix à la location fléchir de 1,3%. A l'inverse, les loyers des logements plus grands se montrent plus stables.

Dans le détail, seules trois grandes villes échappent à la tendance baissière, à savoir Le Mans (+0,7%, 9 euros/m²), Bordeaux (+0,3%, 12,7 euros/m²) et Reims (+0,3%, 12,1 euros/m²). Ailleurs en revanche, les diminutions de loyers prennent parfois des proportions importantes : Marseille enregistre ainsi une chute de 5,2%, à 11,9 euros/m² en moyenne. Les loyers lyonnais reculent pour leur part de 3,6%, à 12,6 euros/m², soit plus fortement que les prix à la location lillois (-2%, 13,2 euros/m²) ou strasbourgeois (-1,8%, 12,3 euros/m²). Enfin, même les propriétaires parisiens doivent composer avec la diminution de leurs recettes locatives, puisque les prix à la location fléchissent de 1,8% dans la capitale (24,8 euros/m²).

Plus d'activité et de déménagements, sauf à Paris

Si le responsable des études de Clameur, Michel Mouillart, évoque « une situation de déflation » problématique pour les bailleurs, les locataires profitent à plein de la baisse des loyers. A l'instar du regain de forme des acheteurs depuis le début de l'année, les locataires déménagent plus facilement que les années précédentes. « On a 29,5% des locataires du parc privé qui déménagent [en 2015, Ndlr]. En moyenne, sur longue période, c'est 28,2% », souligne Michel Mouillart qui salue « un beau redémarrage du marché ». Et ce malgré le bémol d'un nouvel affaiblissement de la qualité du parc locatif, puisque seulement 15,8% des logements sont reloués après des travaux d'amélioration et d'entretien depuis début 2015, contre 23,3% en moyenne sur la période 1998-2015.

Le beau redémarrage, expliqué selon Clameur par une remontée du moral des ménages et les reports de projets durant les deux dernières années qui se concrétisent finalement en 2015, ne profite cependant pas à tout le monde. A Paris, le taux de locataires qui déménagent a baissé par rapport à 2014, pour atteindre un point bas à 17,1%. « C'est un marché de pénurie aujourd'hui et cela ne va certainement pas se résoudre » avec la mise en place de l'encadrement des loyers, juge Michel Mouillart. Les futurs parisiens, qui comptent s'installer dans les mois et années à venir, sont prévenus.

 

Impact limité pour l’encadrement des loyers à Paris

Clameur envisage un effet limité du dispositif, puisque seulement près de 6% des loyers parisiens devraient diminuer d’après ses estimations. Pour ces derniers, la baisse serait cependant significative (-21,4% pour les nouveaux baux, -15,8% pour les renouvellements). A l’inverse, 3,3% des locataires connaîtraient une augmentation de loyer significative. Au total, l’observatoire estime que 9,2% des logements parisiens doivent être impactés chaque année, soit un peu moins de 36.000 ménages. Cette projection, comme d’autres publiées auparavant, n’a cependant pas de valeur certaine : pour connaître les véritables conséquences de la mesure sur les loyers parisiens, il faudra patienter « sept à huit mois » selon Michel Mouillart.



 

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